Hommage du cinéma français à son dernier "grand duc" Jean-Pierre Marielle

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Le comédien Jean-Pierre Marielle, le 15 mars 2012 à Boulogne-Billancourt
Le comédien Jean-Pierre Marielle, le 15 mars 2012 à Boulogne-Billancourt
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© AFP, Joël SAGET
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AFP, publié le jeudi 25 avril 2019 à 19h04

Le monde du cinéma français a rendu hommage jeudi à l'acteur Jean-Pierre Marielle, décédé la veille à l'âge de 87 ans, louant son élégance et sa voix caverneuse.

Inoubliable interprète de Monsieur de Sainte-Colombe dans "Tous les matins du monde" (1991), le comédien est mort d'une longue maladie, a annoncé son épouse, l'actrice Agathe Natanson, à l'AFP. 

"Quel coup dur ! Je suis effondré !", a réagi Jean-Paul Belmondo, son ami du conservatoire avec qui il a fait les "400 coups". "C'était plus qu'un ami", a souligné "Bébel", saluant la mémoire d'"un grand comédien, une forte personnalité sachant tout à la fois manier l'humour de façon redoutable et travailler avec le plus grand sérieux".

"Jean-Pierre est parti rejoindre Jean, Philippe et les autres... C'est tout un cinéma qui part avec lui", écrit le réalisateur et comédien Guillaume Canet sur les réseaux sociaux. Avec Jean Rochefort et Philippe Noiret, ses acolytes des "Grands Ducs" déjà disparus, Jean-Pierre Marielle incarnait toute une époque.

"Qu'est-ce qu'un acteur ? Une voix, un phrasé. Il avait une voix, il avait un phrasé, une grande originalité, il détestait les modes, les ambiances, les doxas", relève le comédien Fabrice Luchini sur RTL.

- "Les César? Rien à foutre" -

Pour le cinéaste Jean-Pierre Mocky qui a travaillé avec lui, Jean-Pierre Marielle "avait beaucoup de prestance". "Il jouait des rôles de fanfaron. Même dans la vie, c'était un grand gars, il était très drôle, il passait son temps à faire des plaisanteries", a-t-il dit sur Franceinfo.

Le cinéaste Bertrand Blier, qui a fait trois films avec l'acteur, a souligné sur RTL que Jean-Pierre Marielle était "très particulier". "C'était un garçon secret, mystérieux, souvent angoissé, (...)  mais "j'ai beaucoup de bons souvenirs avec lui", a-t-il ajouté.

Christian Clavier a également fait part de son "émotion". "Que de plaisir de tourner avec un si Grand acteur et avec lui le souvenir de mémorables tournages ! Merci pour ces grands moments inoubliables !"

Avec la disparition de Jean-Pierre Marielle, s'éteint une des dernières figures de "la bande du conservatoire", formée au début des années 50 par Jean-Paul Belmondo, Claude Rich ou Jean Rochefort, l'"ami de toute une vie", décédé en octobre 2017.

Le comédien a joué dans plus d'une centaine de films (sous la direction notamment d'Audiard, Blier, Molinaro, Mocky, Sautet, Tavernier, Miller) et d'innombrables pièces et téléfilms.

S'il a été nommé sept fois aux César notamment pour son rôle dans "Tous les matins du monde", il n'a jamais reçu de statuette. 

"Les César ? J'en ai rien à foutre!", répondait-il. Ce qui n'a pas empêché l'Académie de lui rendre hommage jeudi et de saluer en lui "un formidable interprète, qui incarnait ses rôles avec cet humour piquant et un certain cynisme qui lui étaient si propres".

- Répliques fleuries -

Il "avait cette gouaille imprévisible, ce grain de folie qui transcendent un immense acteur. Sa voix si reconnaissable par son moelleux et la justesse de sa diction nous entraînait aux frontières d'un génie irremplaçable, à la Serrault, à la Piccoli, à la... Lui", s'est souvenu l'ancien président du festival de Cannes, Gilles Jacob.

D'abord acteur de théâtre et de boulevard, Jean-Pierre Marielle sera ignoré de la Nouvelle vague et connaîtra des débuts timides au cinéma avant d'exploser à la fin des années 60, autant dans des films comiques que tragiques, d'auteur que grand public. 

S'ensuit dans les années 70 une période prolifique devant les caméras et des répliques fleuries dans les films devenus culte de Joël Séria ("Les galettes de Pont-Aven", "Comme la lune").

Parmi ses autres rôles marquants, figurent "Que la Fête commence" de Bertrand Tavernier, "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset, mais aussi "Coup de Torchon" de Tavernier, "Tenue de soirée" de Blier, "Uranus" de Claude Berri, "La Petite Lili" de Claude Miller et "Les âmes grises" d'Yves Angelo. 

En guise d'hommage, France 3 va diffuser jeudi soir "Pièce montée" de Denys Granier-Deferre, où il incarne un prêtre et Paris Première "Les galettes de Pont-Aven". Arte diffusera de son côté lundi soir "Tous les matins du monde". 

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