Décès de Huang Yong Ping, figure de l'avant-garde chinoise

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Des visiteurs regardent la sculpture "Empires" de l'artiste chinois Huang Yong Ping, le 11 mai 2016 au Grand Palais à Paris
Des visiteurs regardent la sculpture "Empires" de l'artiste chinois Huang Yong Ping, le 11 mai 2016 au Grand Palais à Paris
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© AFP, JOEL SAGET

, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 18h23

Artiste d'origine chinoise connu pour ses oeuvres monumentales, Huang Yong Ping qui avait  installé un squelette de serpent de 250 m de long sous la nef du Grand Palais en 2016 est décédé "brutalement" samedi, a annoncé la galerie Kamel Mennour qui le représentait.

Figure majeure de l'art d'avant-garde en Chine, parfois considéré comme le parrain de cette génération bouillonnante, l'artiste de 65 ans vivait en France depuis 1989. 

Il y était pour monter une exposition à Beaubourg quand les événements de la Place Tiananmen ont éclaté, l'incitant à ne plus repartir. 

Il ne remettra pas les pieds en Chine avant le début des années 2000 pour un projet consistant à reproduire un avion à taille réelle, qui sera censuré.

Huang Yong Ping s'est fait connaître grâce à ses créations XXL: des colonnes transperçant le toit du pavillon français à la Biennale de Venise (1999), une arche de Noé grandeur nature à la Chapelle des Beaux-Arts à Paris (2009), un énorme squelette de métal (125 mètres) près du port de Saint-Nazaire (2012) puis un gigantesque squelette de serpent s'étirant sur des centaines de conteneurs au Grand Palais (2016), dans le cadre de l'exposition "Monumenta".

"Huang Yong Ping veut mettre en évidence un phénomène très puissant, face auquel l'homme est peu de choses", expliquait le commissaire de l'exposition, Jean de Loisy, un de ses amis, à propos de cette représentation symbolique de la deuxième révolution industrielle. 

Né en 1954 dans le sud-est de la Chine, Huang Yong Ping a étudié aux Beaux-Arts avant de fonder au milieu des années 80 le groupe Xiamen Dada, inspiré par la pensée de Marcel Duchamp, et répondant à la censure par la mise à feu de leurs propres oeuvres, notamment. 

Sa vie bascule en 1989, année de son installation en France (il sera naturalisé dix ans plus tard). Son art se fait alors de plus en plus monumental, entremêlant "les mythes anciens et l'actualité la plus brûlante", souligne la galerie parisienne Kamel Mennour dans son communiqué dimanche, au dernier jour de la Fiac, grand rendez-vous de l'art contemporain.

"L'oeuvre de Huang Yong Ping, toujours profonde et percutante, comme sa personne joyeuse, brillante et pleine de sagesse, s'attachaient à vivifier le rôle de l'art, non pas comme une matière morte et des objets esthétiques, mais comme une essence de vie débordante", conclut la galerie dans son hommage. 

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