Décès après des vaccinations à l'AstraZeneca : trois enquêtes ouvertes pour "homicide involontaire" par le parquet de Paris

Décès après des vaccinations à l'AstraZeneca : trois enquêtes ouvertes pour "homicide involontaire" par le parquet de Paris©JOEL SAGET / AFP

publié le mercredi 28 avril 2021 à 16h50

Les familles des personnes décédées s'interrogent "sur le rôle causal du vaccin AstraZeneca, administré à leur proche avant le décès", a précisé le parquet de Paris.

Alors que le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 est désormais réservé en France aux personnes de plus de 55 ans à cause des très rares thromboses qu'il peut provoquer, essentiellement chez des personnes de moins de 50 ans, trois enquêtes sont en cours au parquet de Paris. Le pôle santé publique du parquet s'est en effet saisi de trois enquêtes ouvertes à la suite de plaintes déposées par les familles de personnes décédées après avoir été vaccinées à l'AstraZeneca. Selon le parquet de Paris, les plaignants "s'interrogent notamment sur le rôle causal du vaccin Astrazeneca, qui avait été administré à leur proche avant le décès".



Le pôle santé publique du parquet, compétent pour mener des investigations concernant les infractions d'une grande complexité liées à un produit de santé, dirige donc désormais trois enquêtes préliminaires ouvertes pour "homicide involontaire", après des dépôts de plaintes à Toulouse, Paris et Nantes, et de premières investigations menées par les parquets locaux. "On a saisi les parquets locaux dans un souci de rapidité de nos plaintes, pour avoir des autopsies, en leur demandant ensuite de transférer le dossier à Paris", a expliqué à l'AFP Me Etienne Boittin, avocat à l'origine des plaintes.

A Nantes, c'est un étudiant en médecine de 26 ans qui est mort subitement chez lui d'une thrombose, le 18 mars dernier, quelques jours après une injection d'AstraZeneca. Les résultats de l'autopsie devraient être connus "d'ici quelques jours", selon Me Boittin. A Toulouse, c'est une assistante sociale de 38 ans qui a vu son état de santé se dégrader peu de temps après avoir reçu sa première injection. Elle est décédée le 29 mars d'une thrombose au cerveau. Sa famille a porté plainte le 2 avril. 

Me Boittin a indiqué avoir été saisi d'une quinzaine de cas de personnes décédées en France après avoir été vaccinées à l'AstraZeneca, très majoritairement des personnes âgées de "moins de 60 ans".

L'utilisation du vaccin AstraZeneca a été restreinte dans la plupart des pays de l'Union européenne à cause des très rares thromboses qu'il peut provoquer. Le Danemark ne l'utilise plus. En France, depuis le 19 mars, le vaccin n'est plus administré aux personnes de moins de 55 ans. Pour cette catégorie de personnes ayant déjà reçu une dose de ce vaccin, la Haute autorité de santé a recommandé une deuxième dose avec Pfizer ou Moderna.

Un comité scientifique consacré aux thromboses rares et atypiques observées après des vaccinations contre le Covid-19 a été mis en place la semaine dernière par l'ANSM, l'agence du médicament, pour contribuer à comprendre comment les sérums peuvent produire de tels effets. Ce comité de spécialistes (infectiologues, virologues, immunologues, épidémiologistes...), qui intègre aussi un représentant des associations de patients, va se pencher sur l'ensemble des vaccins utilisés contre le Covid-19.
 

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