De nouvelles tensions entre la France insoumise et les partis de gauche

De nouvelles tensions entre la France insoumise et les partis de gauche©ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

publié le lundi 24 mai 2021 à 16h30

Le climat déjà très tendu entre le parti de Jean-Luc Mélenchon et les autres partis de gauche s'est alourdi.

L'idée d'une union des gauches en vue des prochaines échéances électorales a pris (un peu plus) de plomb dans l'aile. En cause, l'organisation d'une "réunion des gauches et des écologistes" lundi 24 mai, venant après des désaccords autour de la manifestation des policiers, est l'occasion d'un nouvel épisode de discorde entre La France insoumise et les autres partis de gauche.


"Hier: retour à l'espace sans Insoumis.

Ce soir : réunion pour l'union. On peut faire plus clair, non?", a tweeté le candidat à la présidentielle LFI Jean-Luc Mélenchon, en renvoyant à une interview dimanche de l'écologiste Yannick Jadot qui évoque un "espace" politique à investir en 2022 "entre Macron et Mélenchon".

Le député LFI Eric Coquerel devait participer dans l'après-midi à la visioconférence. Il a déjà promis à ses partenaires, dans un courrier rendu public sur Facebook, "un débat franc et sincère" sur la participation d'élus de gauche à la manifestation de policiers devant l'Assemblée nationale le 19 mai, "un sujet de désaccord fondamental".

Jean-Luc Mélenchon avait qualifié de "factieux" ce rassemblement auquel ont participé nombre d'élus PS et PCF, ainsi que Yannick Jadot, ce qui a suscité de profondes controverses internes au sein du PS et d'EELV également. Le courrier de M. Coquerel rappelle d'autres reproches envers le PS, EELV et dans une moindre mesure le PCF. LFI dénonce notamment le fait d'avoir été écarté d'accords électoraux en vue des départementales dans les Hauts-de-France et de la liste des régionales en PACA.

"Jeu de rôle"

"Dans ce contexte, nous n'allons pas faire semblant de croire que tout est clair au moment même où de nouveaux sujets de désaccords sont apparus encore plus clivants", écrit le député insoumis. "Ne semons pas cette illusion. Elle ferait long feu et ne ferait que dégoûter davantage ces millions de personnes parfaitement capables de discerner le jeu de rôle qui se joue à cette occasion."

La réunion organisée lundi en visioconférence vise, comme la précédente, à favoriser le dialogue entre partis de gauche en vue de la présidentielle de 2022. À l'issue du premier rendez-vous du 17 avril, les différentes parties étaient convenues de se retrouver fin mai et avaient également conclu un pacte de non-agression entre formations de gauche.

Mais la volonté de lancer d'ores et déjà un processus pour une candidature commune en 2022 n'avait été entérinée que par une minorité des participants, dont Yannick Jadot et le premier secrétaire du PS Olivier Faure. La tension s'est accumulée depuis avec les Insoumis, qui ont déjà entériné la troisième candidature présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier a en outre dit plusieurs fois sa déception de voir les communistes, qui avaient soutenu ses candidatures en 2007 puis 2012, aller seuls vers 2022 avec leur candidat Fabien Roussel.

Appels à l'unité

Alors que les alliances politiques sont un sujet d'agacement récurrent chez les Insoumis, leur chef a consacré plusieurs prises de parole publiques, ces dernières semaines, à dénoncer "des menteurs, des hypocrites et des faux jetons" dans les rangs socialistes et écologistes. Des termes qui lui ont valu, de la part de Yannick Jadot, l'accusation de "brutaliser" le débat à gauche.

Au milieu de ces désaccords, les appels à l'unité de la gauche continuent d'être pressants. "Jamais les électorats écologiste, insoumis, socialiste, n'ont autant demandé l'unité", a ainsi assuré lundi sur France Inter Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle de 2017, et désormais candidat sur la liste écologiste en Ile-de-France. "Ils savent que s'il y a deux ou trois candidats, il n'y a aucune chance d'être au second tour". Et d'insister : "La seule hypothèse où nous pourrions être au second tour et donc en capacité d'affronter Marine Le Pen, c'est celle de l'unité".
 

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