Darmanin présente ses mesures pour améliorer le "quotidien" des policiers

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Des policiers devant le commissariat de Champigny-sur-Marne, le 12 octobre 2020
Des policiers devant le commissariat de Champigny-sur-Marne, le 12 octobre 2020
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© AFP, MARTIN BUREAU, Afp

, publié le mardi 13 octobre 2020 à 23h00

Gérald Darmanin a présenté mardi une série de mesures pour améliorer le "quotidien" des policiers, des annonces aussitôt saluées par leurs syndicats, qui doivent être reçus jeudi par le président Emmanuel Macron sur fond de "ras-le-bol" après une série de violences.

Le ministre de l'Intérieur a notamment dévoilé la création d'une prime pour les "nuiteux", les 22.000 policiers travaillant de nuit. Réclamée de longue date par les organisations syndicales, elle permettra aux fonctionnaires concernés de toucher en moyenne 60 à 100 euros de plus par mois.

La rencontre mardi entre M. Darmanin et les représentants des policiers intervenait sur fond de malaise policier après l'attaque aux mortiers d'artifice du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) dans la nuit de samedi à dimanche et l'agression par balles de deux policiers, mercredi à Herblay (Val-d'Oise).

Lors de cet échange en visioconférence pour cause de situation sanitaire, Gérald Darmanin a également détaillé aux organisations syndicales le budget 2021 de son ministère, "en hausse de 325 millions d'euros".

Les crédits consacrés au matériel et aux équipements vont ainsi augmenter de 15 millions d'euros et ceux dédiés au parc automobile de 125 millions d'euros. Cela doit permettre le renouvellement d'un véhicule sur quatre, selon le ministère. 

Le budget immobilier va lui aussi augmenter de 12 millions d'euros, a dit le ministère, qui espère obtenir jusqu'à 740 millions d'euros dans le cadre du plan de relance, afin de rénover les commissariats notamment.

Des mesures sur le déroulement de carrière des gardiens de la paix et des agents de la "filière investigation", en crise, ont aussi été évoquées, avec notamment une "revalorisation" de la prime d'officier de police judiciaire.

"S'il arrive à mener à bien tous ces projets dans les prochains mois, on pourra enfin dire qu'il y a une reconnaissance du métier de policier", a réagi auprès de l'AFP, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance police nationale.

- "Dans le bon sens" -

"Les mesures vont dans le bon sens", a ajouté Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers. "Maintenant on attend la rencontre avec Emmanuel Macron jeudi, on a des choses à lui dire, notamment sur la réponse pénale".

Les syndicats doivent s'entretenir jeudi avec le chef de l'Etat pour évoquer cette fois la question de la "protection des policiers", selon l'Intérieur, une rencontre qu'ils sollicitaient sans succès depuis de longs mois.

Quelques heures avant de recevoir les syndicats, le ministre de l'Intérieur avait présenté à la mi-journée, pour la première fois, aux côtés de la ministre déléguée Marlène Schiappa, une série d'indicateurs de l'activité policière du mois de septembre. Ces statistiques ont notamment fait état d'une hausse des saisies de cannabis (4,2 tonnes sur un mois) et des interpellations de trafiquants de stupéfiants (1.189).

Depuis son arrivée à Beauvau, M. Darmanin a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants "l'alpha et l'oméga" de sa politique de sécurité, en assurant qu'il ne menait pas une "politique du chiffre" mais "une politique du résultat".

Il a également annoncé mardi qu'il réunirait de nouveau les organisations syndicales en novembre pour leur présenter le livre blanc de la sécurité intérieure, avant qu'il ne soit "rendu public".

La publication de ce travail, objet de longs mois de consultations dans les cénacles sécuritaires, n'a cessé d'être repoussée. Et avec elle, la perspective d'une réforme structurelle et en profondeur de la police nationale.

La présentation du livre blanc coïncidera avec l'examen à partir du 17 novembre à l'Assemblée nationale de la proposition de loi LREM sur le continuum de sécurité.

Ce texte traite notamment des polices municipales, de l'utilisation des images réalisées par les caméras portatives des forces de l'ordre et du floutage des images des visages des policiers.

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