Darmanin: l'objectif de 120.000 suppressions de fonctionnaires "atteignable"

Darmanin: l'objectif de 120.000 suppressions de fonctionnaires "atteignable"
Le ministre des comptes publics Gérald Darmanin, le 27 mars 2019 à Paris

AFP, publié le vendredi 26 avril 2019 à 15h07

Le ministre des comptes publics Gérald Darmanin a estimé vendredi que l'objectif de 120.000 suppressions de postes de fonctionnaires est "atteignable", alors qu'Emmanuel Macron s'était dit la veille prêt à "abandonner" cet objectif qu'il avait fixé.

Le chiffre de 120.000 "me paraît atteignable", a déclaré M. Darmanin sur RTL. "Mais s'il faut pour atteindre cet objectif attendre 2023 ou 2024, c'est au Premier ministre de regarder et de le décider", a-t-il ajouté.

Jeudi, lors de sa conférence de presse, le chef de l'État avait dit qu'il était prêt à "abandonner", "si ce n'est pas tenable", l'objectif qu'il avait fixé de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires d'ici à la fin du quinquennat - sur 5,5 millions d'agents dans les trois versants de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale). Il a demandé au gouvernement de lui "donner son analyse d'ici l'été" sur ce dossier.

"Quand on doit réinvestir dans la sécurité, dans l'éducation et dans la justice, je ne vais pas donner des injonctions contradictoires au gouvernement", avait dit le chef de l'État, ajoutant qu'il assumerait "totalement si ce n'est pas tenable d'abandonner cet objectif".

"Emmanuel Macron n'a pas dit que l'objectif de 120.000 suppressions de postes n'était pas tenable", a souligné M. Darmanin. "Il a dit que le Premier ministre allait regarder (..) si ces choses étaient tenables", a-t-il poursuivi, affirmant que "l'important, ce n'est pas la comptabilité, c'est la transformation de l'État".

"L'objectif du quinquennat de moins 120.000 postes sera-t-il réellement stoppé ? Rien n'est moins sûr...", écrit pour sa part dans un communiqué la Fédération générale des fonctionnaires FO. "Les objectifs de réduction de la dépense publique liés aux injonctions européennes n'ont pas changé et le dogme budgétaire reste très prégnant", ajoute-t-elle.

Elle préconise l'ouverture d'un "débat de fond" sur l'avenir des missions de service public "pour mettre en adéquation les besoins des citoyens et les moyens nécessaires tant humains que matériels pour les mettre en œuvre".

De son côté, la CGT Fonction publique affirme que la remise en cause de l'objectif de supprimer 120.000 postes et l'annonce d'un moratoire sur les fermetures d'écoles et d'hôpitaux jusqu'en 2022 "sont bien loin des nécessités" et "le signe d'un gouvernement qui se place sur la défensive sous la pression des luttes".

"C'est un moratoire sur toutes les fermetures de services publics, sur les fermetures de lits, sur les fermetures de classe et sur toutes les suppressions de postes que nous devons et pouvons gagner", poursuit-elle.

Président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), Philippe Laurent a estimé pour sa part que "de toutes façons, la suppression de 70.000 postes prévus dans la seule fonction publique territoriale n'est qu'un vœu pieux". "C'est une décision qui n'appartient qu'aux maires", a-t-il déclaré à l'AFP. "Évidemment, si on leur coupe leurs ressources comme on le fait avec la suppression de la taxe d'habitation, ils réduiront peut-être des postes".

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