Dans une école de commerce de Lyon, la réalité virtuelle pour éprouver le sexisme ordinaire

Dans une école de commerce de Lyon, la réalité virtuelle pour éprouver le sexisme ordinaire
L'Esdes, école de management de l'université catholique de Lyon, a proposé à son personnel et ses étudiants une sensibilisation au sexisme ordinaire grâce à des casques de réalité virtuelle

publié le vendredi 25 juin 2021 à 15h44

L'Esdes, école de management de l'université catholique de Lyon, a proposé vendredi à son personnel et ses étudiants une sensibilisation au sexisme ordinaire grâce à des casques de réalité virtuelle.

Casque devant les yeux, les volontaires sont plongés dans le quotidien d'une jeune cadre, confrontée à des remarques de son supérieur sur son physique puis mise sur la touche après son retour de congé maternité.

"Le point positif, c'est de vivre l'expérience, ça m'a permis de mieux qualifier les comportements", a déclaré à l'AFP Christopher Melin, enseignant-chercheur en management à l'Esdes (Ecole supérieure pour le développement économique et social) et un des rares participants masculins - quinze hommes sur une soixantaine d'inscrits.

"La réalité virtuelle a déclenché une introspection et m'a poussé à m'interroger sur mes propres stéréotypes", a-t-il ajouté.

"On n'est pas juste observateur mais on est la victime et les situations sont très pertinentes", a jugé de son côté une étudiante en Master, Jade Tourrette, 21 ans.

La start-up lyonnaise Reverto, une des seules à proposer en France cette innovation pour sensibiliser au harcèlement et au sexisme en entreprise, mise sur "l'émotion pour supporter l'apprentissage", selon sa directrice en recherche et développement, Lénaïc Cadet.

"Cela génère des prises de conscience, c'est impactant", a-t-elle assuré.

Avant et à l'issue de la mise en situation d'une dizaine de minutes, les participants répondent à un questionnaire pour faire le point sur leurs connaissances concernant la problématique du sexisme puis un autre pour voir l'évolution de celles-ci.

"On observe que ceux qui étaient indifférents se disent plus sensibilisés après et que les participants ne faisant pas bien la distinction entre sexisme, discrimination, harcèlement, gagnent en finesse", estime Audric Mazzietti, docteur en psychologie cognitive et responsable "digital learning" à l'Esdes.

Pour l'école lyonnaise, qui "veut former des managers responsables", il s'agit de "développer un savoir-être et de changer les mentalités grâce à cette sensibilisation" qui utilise l'outil "ludique" de la réalité virtuelle, fait valoir la directrice de la communication Emilie Sotton.

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