Dans un contexte de crise politique, des milliers de manifestants en France contre la loi "sécurité globale"

Dans un contexte de crise politique, des milliers de manifestants en France contre la loi "sécurité globale"
Des milliers de manifestants se sont réunis à Paris le 28 novembre 2020.

, publié le samedi 28 novembre 2020 à 17h34

Cette manifestation arrive après une semaine marquée par une affaire de violences policières.


En dépit de violences sporadiques dans quelques cortèges, notamment à Paris et à Lille, les manifestations se sont déroulées dans le calme jusqu'à 17h avant de se disperser progressivement.

Au cœur de cette contestation qui a débordé jusqu'à entraîner une crise politique, figurent trois articles de la proposition de loi "Sécurité globale", qui a déjà reçu un feu vert de l'Assemblée nationale la semaine dernière, encadrant la diffusion de l'image de policiers, l'usage de drones et des caméras-piétons des forces de l'ordre.

"Cette proposition de loi vise à porter atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'informer et d'être informé, à la liberté d'expression, en somme aux libertés publiques fondamentales de notre République", juge la coordination appelant aux rassemblements.

L'article 24, qui a focalisé les attentions, réprime d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion "malveillante" d'images de policiers et gendarmes. Le gouvernement avance que cette disposition vise à protéger les policiers victimes d'appels à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux.


Mais ses détracteurs font valoir que bon nombre de violences policières seraient restées impunies si elles n'avaient pas été capturées par les caméras de journalistes et les smartphones de citoyens.

Si la semaine dernière, pour la précédente mobilisation contre le texte, seulement 22.000 personnes avaient manifesté, ils devraient être plus nombreux ce samedi, tant le sujet des violences policières est devenu brûlant.


Deux affaires révélées par des vidéos cette semaine ont transformé une passe difficile pour le gouvernement en véritable crise.

Lundi, lors d'une opération médiatique d'organisations pro-migrants, la police a évacué brutalement ceux qui s'étaient installés sur une place du centre de Paris, malmenant également des journalistes sous l'œil des caméras et des smartphones.

Mais le paroxysme a été atteint jeudi après la publication d'images de vidéosurveillance montrant le passage à tabac d'un homme noir, producteur de musique, par trois policiers.

La presse, les réseaux sociaux et certains grands noms du sport se sont insurgés. "Des images qui nous font honte", a admis vendredi soir le président Emmanuel Macron, qui avait déjà demandé jeudi des sanctions très claires contre les policiers incriminés.

En plus des traditionnelles structures de gauche, syndicales, ou de la société civile qui ont manifesté, de nombreuses personnalités avaient rejoint l'appel, placé sous "le refus que la France soit le pays des violences policières et des atteintes à la liberté d'informer".

Violences sporadiques

Comme très régulièrement désormais dans les manifestations en France, des casseurs ont provoqué des violences, sporadiques, dans certains cortèges.


A Paris des manifestants vêtus de noir ont renversé une camionnette, utilisé des palissades et autres objets dans un chantier pour faire des barricades, jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, et du mobilier urbain a été incendié.

A Rennes (Ouest), la fin de la manifestation a également été émaillée d'incidents.

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