Dans le Sud-Est, des "gilets jaunes" déterminés contre un président qui "n'entend pas"

Dans le Sud-Est, des "gilets jaunes" déterminés contre un président qui "n'entend pas"
Défilé de "gilets jaunes" à Marseille le 27 avril 2019

AFP, publié le samedi 27 avril 2019 à 21h05

A Montpellier comme à Marseille, des milliers de "gilets jaunes" ont manifesté, malgré les annonces d'Emmanuel Macron, dénonçant un président qui "n'entend pas" leurs revendications.

Dans les rues de Montpellier, où ont défilé 1.500 personnes selon la préfecture, Natacha, 46 ans, déplore: "Les questions de justice sociale n'ont pas du tout été abordées, alors que c'est la question centrale de ce mouvement des gilets jaunes. Il n'entend pas."

"On se rapproche de plus en plus du modèle des Etats-Unis. La France avait le privilège d'avoir une ouverture culturelle, entre autres, et on est en train de le perdre", juge-t-elle.

Deux personnes ont été interpellées à Montpellier samedi soir. Vers 21H00, des "gilets jaunes" occupaient toujours un ancien cinéma (Le Royal) dont ils souhaitent faire "une Maison du Peuple des gilets jaunes".

A Marseille, où la préfecture de police a compté 1.000 manifestants au plus fort de la manifestation, les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectile et ont riposté par des gaz lacrymogènes. Trois personnes ont été interpellées selon la police.

Le cortège a remonté la Canebière pour déambuler dans le quartier populaire de Noailles. Au passage, un manifestant a recouvert un écriteau de rue par un autocollant "Rue Zineb Redouane, tuée par la police", en hommage à cette octogénaire morte en décembre après avoir été touchée par un tir de grenade lacrymogène en marge de manifestations.

Parmi les "gilets jaunes", beaucoup sont venus de loin comme cette fonctionnaire de Nice: "on a fait du covoiturage car on voulait montrer à Marseille, où il y a un appel régional, qu'on est déçus. Macron n'a pas répondu à nos revendications principales: le RIC et le vote blanc!".

Près d'elle, un groupe d'une dizaine de manifestants de Valence ont aussi voulu "crier sous le soleil de Marseille". "On est plus motivés que jamais!", assure une contrôleuse qualité de 51 ans. "Il faut lutter contre l'oligarchie et les privilèges des riches! Ça veut dire quoi travailler plus? Il va nous supprimer des congés payés !". Elle reconnaît tout de même une "petite victoire avec la retraite minimum à 1.000 euros".

A Arles (Bouches-du-Rhône), environ 200 personnes ont manifesté également selon la préfecture.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.