"Dans la cour de récré, je peux avoir des problèmes" : un collégien de Conflans confie son inquiétude

"Dans la cour de récré, je peux avoir des problèmes" : un collégien de Conflans confie son inquiétude
(illustration)

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 11h45

"Il y en a qui m'ont dit que je n'étais rien". Pape s'inquiète de la virulence et de la permanence des débats sur la religion dans la cour de récréation.

Son interview pleine de maturité avait fait le tour des réseaux sociaux pendant le week-end.

Pape, 12 ans, y confiait son émotion après l'assassinat de Samuel Paty. Lundi 19 octobre, le jeune garçon a répété son incompréhension et sa tristesse. Mais il a également expliqué avoir peur de la réaction de certains de ses camarades après ses propos. D'autant plus que, selon lui, les débats sur les thèmes religieux sont particulièrement virulents dans la cour de récréation.




Samedi, le journaliste indépendant Clément Lanot avait diffusé l'interview de Pape devant le collège de Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, l'établissement dans lequel Samuel Paty enseignait. Le jeune adolescent avait impressionné par sa maturité sur des sujets très sensibles. Il défendait notamment l'enseignant assassiné et la liberté d'expression. "Je ne sais pas trop pourquoi ça m'a autant ému, a-t-il confié lundi sur France Inter. C'est mon collège, ça a dû être très violent, il a dû souffrir et ça m'a fait mal au coeur. Lui-même ne savait pas c'était son dernier jour." 

"C'est un cours, c'est fait avec un respect, a-t-il encore expliqué. Il n'a pas non plus critiqué une religion. Au contraire, il a même proposé à certains élèves de sortir. En plus rien ne l'obligeait à dire ça, il aurait très bien pu faire son cours comme ça. Si jamais il y a une chose qui est interdite, au fur et à mesure, il y a de plus en plus de choses qui vont être interdites et à un moment donné, on ne pourra plus rien faire."

"S'exprimer, pouvoir montrer des caricatures, c'est la France", a-t-il tranché.

Le jeune garçon, enfant de l'assistance publique et qui se déclare sans religion, est toutefois bien conscient des risques qu'il prend à s'exprimer sur le sujet. "Certaines personnes, ça va énormément les contrarier, assure-t-il. Il y en a qui m'ont dit que je n'étais rien, d'autres qui m'ont dit que me mentais à moi-même." Dans le collège, les débats sur les questions de religion sont permanents et particulièrement virulents, selon lui.

"Ce que je comprends, c'est qu'on est obligé d'avoir forcément une religion, et que si on n'a pas de religion, on est méprisé", a-t-il déploré.

Sa prise de position peut lui valoir des problèmes, pense-t-il. "En évoquant ce qui s'est passé, dans la cour de récré, je peux avoir des problèmes, a-t-il expliqué. Certains élèves vont peut-être me dire : 'Mais qui t'a dit ça, pour entraîner des problèmes ?'"


 

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