Dans l'Aisne, les manifestants vent debout contre l'implantation d'une usine Rockwool

Dans l'Aisne, les manifestants vent debout contre l'implantation d'une usine Rockwool
Une usine de production de laine de verre, matériau d'isolation comme la laine de roche.

publié le samedi 29 mai 2021 à 19h07

Entre 250 et 500 personnes (préfecture et organisateurs) se sont réunies samedi à Soissons dans l'Aisne. 


En dépit d'un avis défavorable du commissaire enquêteur, le projet d'implantation d'usine de laine de roche a bel et bien été autorisé par la préfecture, ce qui provoque l'indignation des centaines d'habitants du département.

"C'est un projet aberrant, polluant et énergivore, qui va rejeter dans l'air 946 tonnes par an de polluants, dont de l'ammoniac", a déploré Thomas Wozniak, de l'association Stop Rockwool, qui appelait à manifester avec d'autres collectifs.

"Les coûts sociaux et environnementaux sont terribles par rapport au seul bénéfice du projet, l'emploi, et encore, celui-ci est discutable", a rajouté Louise Kessler, membre de l'association Sauvons Soissons.

Le 31 mars, le préfet a délivré à Rockwool, le leader mondial de la fabrication d'isolants en laine de roche, une autorisation d'exploiter dans une Zone d'aménagement concertée (ZAC) du village de Courmelles.

Le géant danois, qui exploite déjà une usine dans le Puy-de-Dôme, envisage de longue date de s'y implanter mais le projet avait déjà été reporté en 2008 en raison de la crise des subprimes. La préfecture soulignait "l'absence de zone humide et d'effet sur des zones Natura 2000, un impact faible sur le bruit comme sur la circulation par la RN2, l'absence de mise en évidence d'un impact sanitaire spécifique ainsi que d'odeurs".

Le projet avait pourtant reçu un avis défavorable du commissaire enquêteur. L'enquête publique concluait que les désavantages de cette usine, qui emploierait environ 130 personnes, l'emporteraient sur ses avantages. Le conseil municipal de Courmelles s'est lui aussi prononcé, à l'unanimité, contre cette implantation.

Les opposants au projet ont lancé des pétitions, tandis que 29 médecins ont alerté sur le rejet de substances toxiques dans l'atmosphère (particules fines, ammoniac, acide chlorhydrique...), que les vents dirigeront majoritairement vers Soissons.

Plusieurs associations comptent contester cette décision devant le tribunal administratif. Sur son site internet, Rockwool explique transformer une ressource naturelle abondante en des produits qui répondent au "plus grands défis de notre monde" en améliorant les performances thermiques des bâtiments.

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