Crise aux urgences : une partie des soignants de l'hôpital Saint-Antoine à Paris en arrêt maladie

Crise aux urgences : une partie des soignants de l'hôpital Saint-Antoine à Paris en arrêt maladie
L'hôpital Saint-Antoine à Paris, le 15 avril 2019.

, publié le dimanche 09 juin 2019 à 21h55

Les soignants se disent "épuisés par leurs conditions de travail". La direction a mobilisé équipe de jour, équipe de suppléance et intérimaires pour assurer la continuité des soins.

Samedi soir, à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, "15 paramédicaux sur 19, épuisés par leurs conditions de travail, n'ont pas pu prendre leur poste" et "trois paramédicaux de l'équipe de jour ont dû rester pour continuer de prendre en charge les patients", travaillant ainsi "18 heures d'affilée" en attendant "la relève de l'équipe du lendemain", a indiqué le collectif Inter-Urgences dimanche 9 juin dans un communiqué.

"La direction dit avoir le droit de les obliger à travailler 18 heures durant", ajoute ce collectif, accusant d'"inconscience" une direction qui "met en danger son personnel et les patients".


L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont dépend l'établissement, a confirmé que "le service d'accueil des urgences avait fait face, dans la nuit de samedi à dimanche, à un nombre important d'arrêts maladie de personnels paramédicaux".

L'AP-HP parle de "13 infirmiers et aide-soignants sur 19 prévus au planning" en arrêt maladie "avant leur prise de service à 21h ou au moment de celle-ci". "Il a été demandé à une partie de l'équipe du service d'accueil des urgences de l'après-midi, sur la base du volontariat, de se mobiliser pour assurer la continuité des soins. Il a également été fait appel à l'équipe de suppléance et à l'intérim", a précisé l'AP-HP. 

Pour la nuit de dimanche à lundi, la direction de Saint-Antoine "se met en situation de pouvoir assurer la continuité du fonctionnement des urgences", en mobilisant "si nécessaire des agents des équipes de suppléance, en ouvrant la possibilité à des heures supplémentaires sur la base du volontariat, ou en faisant appel à l'intérim".

Ce nouvel épisode intervient après plus de deux mois de crise dans les urgences hospitalières.


Dans la nuit de lundi à mardi, une quinzaine d'infirmiers et aides-soignants de l'équipe de nuit des urgences de l'hôpital parisien de Lariboisière s'étaient mis en arrêt maladie. Ce type d'action, "c'est dévoyer ce qu'est un arrêt maladie", avait critiqué mardi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Jeudi, elle a promis une "stratégie d'ensemble" pour refonder le secteur, sans satisfaire les personnels.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.