Covid: Macron annonce un forfait psy pour les enfants en détresse

Covid: Macron annonce un forfait psy pour les enfants en détresse
Le président français Emmanuel Macron (c) parle à des soignants lors d'une visite au service pédopsychiatrique du CHU de Reims, le 14 avril 2021

publié le jeudi 15 avril 2021 à 00h11

Troubles alimentaires, refus d'école, dépressions: Face à une montée de la détresse due à la crise du Covid-19 chez les enfants et les adolescents, Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mise en place d'un forfait de prise en charge de dix séances de psychologue prépayées.

"Nous avons aujourd'hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l'épidémie", a déclaré le chef de l'Etat au cours d'une rencontre avec des soignants dans le service de pédopsychiatrie au CHU.

Le forfait permettra le remboursement à 100% de 10 séances de psychologue en ville pour des enfants et adolescents de 3 à 17 ans, a précisé la présidence. 

Il sera activable tout au long de la crise, auprès de psychologues partenaires identifiables sur une plateforme et dans le cadre d'un parcours de soin passant par tout médecin, qui prescrira ce forfait d'urgence.

Emmanuel Macron a échangé pendant plus de trois heures avec des soignants et des patients, dont une adolescente hospitalisée pour dépression.

"Qu'est-ce que vous redoutez le plus ?", lui demande-t-il. "Un nouveau confinement" dû au Covid-19, répond-elle. "On fait tout pour" l'éviter, tente de la rassurer le chef de l'Etat. "Oui, j'aimerais bien sortir, voir mes amis, car rester enfermée à la maison, c'est pas facile du tout", témoigne la jeune fille.

"On voit monter quelques chose qu'on n'avait pas connu au premier confinement, une anxiété et des angoisses chez les plus jeunes qui se sont traduites dans les chiffres", a souligné Emmanuel Macron, en citant une hausse de 40% des urgences pédiatriques.

- Huit mois d'attente -

Quatre parents sur dix ont déclaré avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d'enfermement et de l'absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles.

Face à cette demande, les services de pédopsychiatrie, en manque d'effectifs depuis longtemps, sont débordés. 

"Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs" des soignants, a alerté la cheffe du service de pédopsychiatrie, Anne-Catherine Rolland, qui lui a précisé que les demandes de consultations avaient doublé depuis septembre. Il faut maintenant huit mois d'attente pour obtenir un rendez-vous. Reims ne compte que deux pédopsychiatres de ville.

"On est fatigué, ce n'est jamais fini, on est très sollicité en permanence", a-t-elle raconté au chef de l'Etat, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran et du secrétaire d'Etat en charge de l'enfance Adrien Taquet. "Ils viennent pour des dépressions, des troubles alimentaires, des refus d'école", a-t-elle témoigné.

Au delà du forfait d'urgence, Emmanuel Macron a promis que des réponses plus structurelles seront débattues lors des Assises de la santé mentale prévues cet été. Sera ainsi abordé le manque d'attractivité de la profession de pédopsychiatre.

Selon les enquêtes menées par Santé publique France depuis un an, la proportion de Français rapportant des états anxieux ou dépressifs a fortement augmenté depuis le premier confinement et se maintient à un niveau élevé depuis, touchant près d'un tiers (31%) de la population.

Le gouvernement a lancé début avril une campagne grand public pour inciter les Français à "parler" de leur état psychologique et pour rappeler l'existence d'aides par téléphone et internet, trop peu connues. 

Le chef de l'Etat a aussi décidé d'accorder des "chèques psy" aux étudiants.

L'impact psychologique des confinements sur les jeunes est l'un des éléments qui a poussé le chef de l'Etat à confiner le plus tard possible lors de la résurgence de la contagion en février-mars.

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