Covid-19 : vers une levée du pass sanitaire dans certains départements ?

Covid-19 : vers une levée du pass sanitaire dans certains départements ?
Le gouvernement envisage d'assouplir les restrictions du pass sanitaire en fonction de l'incidence du Covid-19, inférieure à 50/100.000 dans 15 départements.

publié le lundi 20 septembre 2021 à 16h30

La situation épidémique continue à s'améliorer en France et l'exécutif envisage d'assouplir les restrictions en fonction du taux d'incidence du virus. Il est inférieur à 50 pour 100.000 habitants dans 15 départements. 

Adapter le pass sanitaire et les contraintes selon les régions ? Les autorités évoquent l'idée de desserrer les restrictions. Un Conseil de défense pour adapter les règles à la situation locale se tiendra "probablement mercredi", indique le gouvernement.




Selon les derniers chiffres publiés dimanche 19 septembre, le nombre de malades atteints du Covid-19 et hospitalisés continue à reculer légèrement, avec 8.887 patients à l'hôpital. Le taux de positivité, qui mesure la proportion de cas positifs par rapport au nombre de personnes testées, est au plus bas depuis la mi-juillet. 

15 départements sous la barre des 50 / 100.000 

Le taux d'incidence se situe lundi sous la barre des 50 cas pour 100.000 habitants dans 15 départements (chiffres de Santé publique France*) : 

Saint-Pierre-et-Miquelon (16,7) 
Ardennes (25,6) 
Haute-Marne (30,1) 
Loir-et-Cher (30,5) 
Creuse (36,1) 
Cantal (38,5) 
Mayenne (39,6)
Haute-Vienne (41,5) 
Aube (45,2) 
Chef (47,6) 
Yonne (47,6) 
Nièvre (48,1) 
Indre (48,4) 
Sarthe (48,7) 
Meuse (49) 

En conséquence, le gouvernement envisage une possible levée des restrictions au cas par cas. "Il y a une réflexion sur la manière dont on peut adapter les règles, soit le pass sanitaire, peut-être d'autres, à la situation locale et à l'évolution de la situation locale", a confirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, dimanche sur BFMTV. "Est-ce que dans un certain nombre de territoires on peut adapter les choses ? Il y aura un Conseil de défense prochainement pour travailler là-dessus. Probablement mercredi prochain", a-t-il précisé. 

Macron et Véran évoquent un allègement territorialisé 

Emmanuel Macron avait déjà évoqué jeudi une réflexion sur un allègement des restrictions, tout en se montrant prudent. "Dès que les conditions sanitaires le permettront et, à mon avis, quand je vois les chiffres, ça ne va pas venir si tard", on pourra se "permettre, sur les territoires où le virus circule moins vite, de lever certaines contraintes et de revivre normalement", a promis le chef de l'État.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a également souligné, samedi dans une interview au Parisien / Aujourd'hui en France, que "nous sommes clairement sur la bonne voie", même s'il est "trop tôt pour relâcher les mesures". "Si la situation continuait de s'améliorer, nous pourrions alléger progressivement les restrictions, là où le virus circule le moins d'abord, puis partout sur le territoire", espère-t-il. "Cet allègement pourrait inclure le pass sanitaire", précise le ministre de la Santé.

Pas question de mettre fin au pass sanitaire 

Il l'a répété à BFMTV, lundi, lors d'un déplacement à l'usine Novartis des Ulis (Essonne). "Lorsque vous êtes dans une période de décroissance d'une vague épidémique, que le virus circule moins, nous respectons ce principe de proportionnalité et de territorialisation des mesures, c'est-à-dire que nous devons être capables de dire 'cette mesure-là n'est plus indispensable dans ce territoire à ce moment-là'. C'est notre philosophie depuis le début", a expliqué le ministre de la Santé.

Pour autant, un projet de loi pour prolonger le pass sanitaire au-delà du 15 novembre "est en cours d'élaboration et sera présenté le 13 octobre en Conseil des ministres", selon l'entourage du Premier ministre Jean Castex. "Imaginez que la vague continue de baisser, ça veut dire qu'on allège les mesures (...) mais on reste aussi capable de remettre en place des outils pour lutter contre l'épidémie. (...) Pour cela, il nous faut une loi qui, dans la durée (...), nous permette d'utiliser ces outils si la situation l'exige", justifie Olivier Véran à BFMTV, depuis les Ulis. 

"Plus d'enjeux à maintenir le pass sanitaire au coeur d'une agglomération que dans des territoires ruraux" 

Quels allègements sont possibles ? "Toute la question est de savoir comment relâcher les contraintes en maintenant malgré tout l'épidémie sous contrôle", explique l'épidémiologiste Mircea Sofonea à l'AFP. "Il y a évidemment plus d'enjeux à maintenir le pass sanitaire au cœur d'une agglomération, en particulier dans des lieux bondés où l'air ne peut être renouvelé, que dans des territoires ruraux", souligne-t-il. 




L'épidémiologiste Antoine Flahault considère qu'"au-dessous de 30 cas pour 100.000 habitants d'une population sur une semaine, on entre en zone verte : pass et gestes barrières sont probablement moins nécessaires, à condition que les autorités sanitaires restent vigilantes et ré-instaurent ces mesures dès le seuil dépassé". 

Les gestes barrières moins respectés 

La rentrée scolaire ou l'arrivée de l'automne, qui pourraient toutes deux accélérer à nouveau la circulation du virus, sont autant de risques à prendre en considération. Un facteur pourrait pousser le gouvernement à la prudence : les Français respectent de moins en moins les gestes barrières. "L'adhésion aux mesures barrières tend à baisser, certaines d'entre elles étant moins suivies chez les vaccinés", prévenait vendredi Santé publique France. Les personnes interrogées sont notamment de moins en moins nombreuses à se laver régulièrement les mains et à éviter de se serrer la main ou de faire la bise, avec une proportion d'à peine plus de moitié début septembre. 

* Carte disponible sur geodes.santepubliquefrance.fr

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