Covid-19 : une troisième dose de vaccin est-elle indispensable ?

Covid-19 : une troisième dose de vaccin est-elle indispensable ?
(Photo d'illustration)

publié le mardi 03 août 2021 à 10h23

Alors que plusieurs pays ont décidé d'injecter une dose supplémentaire aux plus fragiles, la position de la France reste floue. "Ce n'est pas la priorité", estime notamment l'épidémiologiste Catherine Hill.

 

Confrontée à une quatrième vague de Covid-19, la France met plus que jamais l'accent sur la vaccination, avec plus de la moitié de la population totale présentant un schéma vaccinal complet. Jusqu'à imposer une troisième de dose de vaccin ? 



Israël a lancé vendredi dernier une campagne en faveur d'une troisième dose de vaccin pour les plus de 60 ans, tandis que l'Allemagne va proposer dès le 1er septembre l'administration d'une dose de rappel de vaccin aux populations âgées et vulnérables, ainsi qu'aux personnes qui n'ont pas reçu de vaccin à ARN messager. Au Royaume-Uni, un rappel de vaccin sera également ouvert dès le 6 septembre, et concernerait 32 millions de Britanniques, selon le quotidien The Telegraph. La Suède prévoit de son côté de proposer une dose de rappel de vaccin à "une grande partie de la population" en 2022, et pourrait commencer par des populations vulnérables dès cet automne.

Quelle situation en France ?

En France la situation est plus floue.  Emmanuel Macron a indiqué lors de son allocution du 12 juillet qu'une dose de rappel contre le Covid-19 serait mise en place pour les primo-vaccinés de janvier et février, "qui verront prochainement leur taux d'anticorps baisser, leur immunité diminuer", sans pour autant préciser si cela ne concernerait que les personnes fragiles ou tout le monde. En effet, en janvier, la vaccination était ouverte aux plus âgés et aux plus fragiles, mais également aux soignants, les pompiers et aux aides à domicile.  

Invité lundi 2 août de RTL, Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV), a assuré qu'une troisième dose pour tous n'était pour le moment pas à l'ordre du jour, "sauf pour les personnes les plus fragiles, c'est-à-dire les plus âgées" au-delà de 75-80 ans, les personnes immunodéprimées et pour lesquelles il faudra "certainement dès le début de l'automne mettre en place la vaccination de rappel". 

Saisie par la Direction générale de la Santé, la Haute Autorité de Santé a estimé dans un avis publié le 16 juillet qu'il n'y avait pas lieu pour le moment de proposer une dose de rappel en population générale.  "S'il parait très probable qu'une injection de rappel procurera effectivement un effet boost (que ce soit avec le même vaccin, un vaccin faisant appel à une autre plateforme, voire un vaccin adapté aux variants préoccupants), les données disponibles à ce jour ne permettent pas d'évaluer précisément l'impact ni la nécessité d'un tel rappel sur la prévention des échecs vaccinaux" estime la HAS.  

"La pertinence d'un rappel en population générale pourrait être établie si une diminution de la protection contre la Covid-19 dans le temps était mise en évidence sur la base d'échecs vaccinaux constatés en vie réelle (et pas seulement sur la base d'une baisse du taux d'anticorps) ou si un nouveau variant 'résistant' aux vaccins actuellement disponibles émergeait sur le territoire", précise encore la HAS, qui rendra son avis définitif sur la question en août. 

"Pas la priorité"

Efficace ou pas, la pertinence d'une troisième dose n'est pas la priorité du moment jugent les spécialistes. "Ce n'est pas une priorité. Il y a plus urgent à faire alors qu'il reste encore des personnes non vaccinées !", insiste dans les colonnes du Parisien l'épidémiologiste Catherine Hill.  

"En termes immunologiques, un rappel se montre pertinent. Mais en termes de santé publique, c'est plus pertinent de vacciner plus largement la population à deux doses que de commencer à vouloir injecter trois doses" assure également dans Le Monde Jean-Daniel Lelièvre, chef du service immunologie clinique et maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil et expert à la HAS.  

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