Covid-19 : une sortie de crise à l'été 2022 seulement ?

Covid-19 : une sortie de crise à l'été 2022 seulement ?
Didier Pittet le 10 novembre 2020 à Genève.
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publié le jeudi 18 février 2021 à 11h40

L'épidémiologiste Didier Pittet s'attend à la présence de nouveaux variants à l'automne. Un automne 2021 "qui ne sera pas un automne normal". 

Les deux prochains mois seront difficiles, car "on est encore en hiver et on sait que les virus respiratoires aiment cette période".

L'épidémie du Covid-19 ne sera pas maîtrisée avant l'été 2022, a encore avancé jeudi l'épidémiologiste Didier Pittet, chef du service de contrôle des infections aux Hôpitaux Universitaires de Genève invité jeudi 18 février de France Inter. "C'est en été 2022 qu'on pourra réellement faire un véritable bilan de la situation et tout sera beaucoup plus facile", a déclaré l'épidémiologiste, également inventeur du gel hydroalcoolique et président de la mission indépendante nationale sur l'évaluation de la gestion de la crise Covid-19 en France.


La stratégie "zéro-covid" n'a "aucun sens"

Didier Pittet se veut toutefois rassurant : "on retournera au théâtre avant et il y aura d'autres activités sociales agréables".  "Mais on va ensuite se propulser vers l'automne et il y aura certainement d'autres variants, peut-être qu'il faudra d'autres vaccins, il faudra encore pouvoir passer un automne qui ne sera pas un automne normal", a poursuivi l'épidémiologiste.

Selon ce spécialiste, il faut quoi qu'il en soit "apprendre à vivre avec le virus". "Le virus est maintenant hyper-endémique. Tout le monde va être un jour en contact avec ce virus (...) Il sera toujours présent dans le monde et à partir du moment où on recommencera à voyager, le problème se reposera. Une stratégie 'zéro-Covid' pour la France ou même l'Europe n'a aucun sens. Il faut vivre avec le virus", a-t-il expliqué.

Sur les vaccins, le spécialiste plaide pour que les formules des vaccins soient transmises à l'OMS.  "Le vaccin devrait être un bien commun [...] il faudrait que les actionnaires soient d'accord pour avoir moins de dividendes", a-t-il déclaré.


Concernant les derniers chiffres de l'épidémie, Didier Pittet s'est dit "optimiste", mais seulement "si les consignes sont respectées". "On est dans un plateau stable, relativement élevé avec un nombre de transmissions qui continue à se faire, mais c'est tout de même un plateau", a déclaré le médecin. "On est dans une sorte de vigilance armée, de manière à éviter de devoir payer avec un retour de l'épidémie à des taux plus élevés".

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