Covid-19 : "Un doublement des tentatives de suicide" chez les jeunes de moins de 15 ans, constaté à l'hôpital Necker

Covid-19 : "Un doublement des tentatives de suicide" chez les jeunes de moins de 15 ans, constaté à l'hôpital Necker©DAMIEN MEYER / AFP

, publié le vendredi 29 janvier 2021 à 19h20

"Un constat qu'on a partagé avec d'autres collègues de pédopsychiatrie, notamment à la Pitié-Salpêtrière et à l'hôpital Robert Debré", a expliqué la professeure Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker, sur l'antenne de RTL.

Un Conseil de défense sanitaire s'est réuni autour d'Emmanuel Macron ce vendredi 19 janvier à 18h afin de fixer de nouvelles restrictions contre l'épidémie de Covid-19, et un possible reconfinement. La réunion sera consacrée notamment aux données consolidées sur l'impact du couvre-feu, aux études sur les variants ainsi qu'aux consultations menées par le chef de l'Etat et le gouvernement depuis deux semaines.


Alors que, jusqu'à présent, la stratégie sanitaire privilégie la protection des plus âgés, qui sont les plus vulnérables face au virus, le président de la République souhaite aujourd'hui préserver les jeunes, qui souffrent beaucoup de cette crise sanitaire.

La professeure Pauline Chaste, cheffe du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker, était sur l'antenne de RTL ce vendredi 29 janvier et a alerté sur la détresse des adolescents.

"Début novembre, en parallèle du deuxième confinement, on a observé un doublement des passages aux urgences pour des tentatives de suicide, sachant qu'à l'hôpital Necker on reçoit des enfants de moins de 15 ans et très souvent des enfants même très jeunes, 11-12 ans. C'est un constat qu'on a partagé avec d'autres collègues de pédopsychiatrie, notamment à la Pitié-Salpêtrière et à l'hôpital Robert Debré", a-t-elle fait savoir.

Puis d'ajouter : "On a toujours reçu des enfants, plus ou moins, selon les saisons. On reçoit toujours plus d'enfants l'hiver que l'été. Mais quand on compare aux différentes années, en septembre-octobre, on était proches des années les plus hautes, et depuis le mois de novembre, on est très au-dessus. Là, on a vraiment un doublement de tentatives de suicide."


"Ce qui nous rend très inquiets, c'est la temporalité"

La professeure Pauline Chaste lie son constat avec les confinements mis en place au printemps et à l'automne dernier. "Pendant le premier confinement, les situations qu'on a reçues étaient clairement évoquées par les familles comme étant en lien avec le confinement, avec des situations d'explosion familiale, de maltraitance. Depuis le début novembre, c'est un peu différent. Les enfants ou les familles n'évoquent pas particulièrement le confinement", a-t-elle évoqué.

"Ce qui nous rend très inquiets, c'est la temporalité. Cette 'vague' a démarré début novembre et ne ralentit pas, elle est très, très, très significativement différente de d'habitude. On n'a pas d'autres explications que la succession des confinements, mais aussi l'aspect anxiogène de la situation", a justifié la cheffe du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker.

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