Covid-19 : un couvre-feu réinstauré à Paris ? Couac au gouvernement

Covid-19 : un couvre-feu réinstauré à Paris ? Couac au gouvernement
Photo d'illustration.

publié le mardi 03 novembre 2020 à 13h44

Quatre jours après la mise en place du confinement, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal annoncé un durcissement des mesures dans la capitale, avant d'être contredit par le Premier ministre Jean Castex. 




Reconfinés comme l'ensemble des Français depuis vendredi dernier, les Parisiens ont appris, mardi matin, qu'ils allaient aussi devoir respecter un couvre-feu à partir de 21H00. Une mesure qui concernerait Paris et "peut-être l'Île-de-France", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mardi 3 novembre sur BFMTV, en précisant que le ministère de l'Intérieur détaillerait les conditions dans un arrêté à paraître "dans la journée". 

"On met en place des mesures difficiles pour tous, et si beaucoup les respectent c'est insupportable pour certains Français de voir que d'autres ne respectent pas les règles", a expliqué Gabriel Attal pour justifier ce durcissement.

"Il y a eu 100.000 contrôles ce week-end, 14.000 verbalisations. Un certain nombre de verbalisations portent sur des personnes qui se déplaçaient alors qu'elles n'avaient pas à le faire, d'autres pour des lieux qui ont accueilli des personnes et ne devaient pas le faire. J'ai l'exemple d'un bar à Evry-Courcouronnes (Essonne, ndlr) qui a accueilli des clients pour une soirée", a-t-il indiqué.

Mais les services du Premier ministre ont rapidement démenti. Un couvre-feu à Paris n'est "absolument pas décidé à ce stade", a réagi Matignon. "Le préfet de police a évoqué cette mesure au regard de certaines situations observées en soirée à Paris", a-t-on précisé de même source. "Elle consiste à fixer une heure nocturne de fermeture des commerces autorisés à fonctionner. Cette mesure va être concertée avec la municipalité parisienne par la préfecture mais n'est pas décidée à ce stade. Une décision sera prise dans les prochains jours".

"Il y a un certain nombre d'attroupements qui ont encore lieu le soir, parfois tard, dans certaines rues des villes d'Île-de-France et qui peuvent être corrélés au maintien d'un certain nombre de commerces dits essentiels en soirée", a ensuite expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'un déplacement. "Le préfet nous a donc interrogés sur la possibilité d'aller fermer ces commerces à partir d'une certaine heure en soirée, de manière à éviter ces attroupements", a-t-il poursuivi.


Le rétropédalage du gouvernement a provoqué les railleries de l'opposition. "Ouvert. Fermé. Ouvert. Fermé... Et si un seul Français ne comprend pas, c'est qu'il est irresponsable", a ironisé le numéro 3 des Républicains Aurélien Pradié sur Twitter. La présidente de la région Île-de-France (ex-LR) Valérie Pécresse a, elle, fustigé un "manque de respect inacceptable vis-à-vis des collectivités locales", qui "n'a fait l'objet d'aucune concertation" en s'interrogeant : "Matignon dément... Jusqu'à quand ?" 

"Ca tient au fait que  Gabriel Attal est porte-parole d'un gouvernement qui ne gouverne plus" (...) puisque les décisions sur la crise sanitaire "ne sont plus prises en Conseil des ministres mais dans le cadre du conseil de défense", a estimé sur BFMTV le député LFI Adrien Quatennens. Les critiques sont d'autant plus vives que cette mise au point intervient après une série d'ajustements sur la liste des magasins autorisés à ouvrir pendant le confinement.

Devant les députés LREM, le Premier Jean Castex a admis une "maladresse" de la part du porte-parole, mais réfute toute incohérence dans l'action gouvernementale, rapporte Franceinfo. "On a juste évoqué la possibilité de donner des marges de manœuvre aux préfets pour gérer des détails mais rien n'avait été tranché. Jamais nous n'avions parlé de couvre-feu, je ne comprends pas d'où Attal sort ce truc", a pour sa part dénoncé un ministre, en "off", à la radio. 

 





 

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