Covid-19 : un confinement plus souple pour les jeunes ?

Covid-19 : un confinement plus souple pour les jeunes ?
Emmanuel Macron souhaite avantager les plus jeunes, durement touchés par la crise du Covid-19
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publié le jeudi 28 janvier 2021 à 20h20

Depuis quelques semaines, la détresse de la jeunesse semble être entendue. Le président de la République souhaite un confinement plus ouvert pour les jeunes. 

Le gouvernement a annoncé que le couvre-feu avancé à 18 heures ne freine pas suffisamment l'épidémie de coronavirus.

Des mesures plus strictes seront étudiées, dont un troisième confinement. Quitte à reconfiner, Emmanuel Macron souhaiterait cette fois préserver davantage les jeunes, pour rééquilibrer une stratégie sanitaire qui depuis le début privilégie la protection des plus âgés.


"Rééquilibrer en faveur des jeunes, c'est bien l'idée", glisse un membre de son entourage partisan d'un confinement plus ouvert pour les jeunes. Mais la décision du chef de l'Etat n'est pas encore prise et la priorité sanitaire peut tout emporter si d'ici au week-end les chiffres se révèlent trop inquiétants.

Il y a moins d'une semaine, le Président, en réponse au désarroi étudiant, avait annoncé à Saclay leur retour en "présentiel" à la fac un jour par semaine pour le 1er février. Une décision surprise qui n'a pas encore eu le temps d'être appliquée. 

Une jeunesse écoutée ? 

Difficile pour lui de se dédire en imposant de nouveau un confinement qui refermerait totalement les universités. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui s'est battu pour le maintien des écoles ouvertes, a aussi souhaité jeudi matin que la jeunesse devienne "la priorité absolue". "Il y a des mesures qui sont prises mais il faut aller plus loin et être extrêmement bienveillant pour cette génération", a-t-il déclaré sur France 2.  

Les signaux envoyés depuis quelques semaines vont dans le sens d'une prise en compte de la détresse de la jeunesse : selon un sondage Ipsos publié jeudi 28 janvier, près d'un tiers des 18-25 ans évoquent des pensées suicidaires.

"Le président des vieux" ? 

Même si les séniors constituent un plus large socle électoral, le chef de l'Etat, qui ne veut pas apparaître comme "le président des vieux", affiche son souci de parler aux jeunes, la tranche d'âge où sa cote de popularité est la plus haute.  Il a ainsi accordé en décembre une longue interview au site Brut, l'occasion de rappeler les mesures d'aide à l'embauche et le plan "un jeune, une solution" visant à ne pas laisser de jeunes au bord de la route. 

"Il va falloir encore tenir", a-t-il aussi plaidé le 15 janvier en réponse à Heidi, une étudiante démoralisée qui l'avait interpellé, demandant "encore un effort pour quelques semaines".  Lundi, le Premier ministre Jean Castex a décroché son téléphone pour discuter avec le youtubeur Gaspard G, qui avait posté sur Instagram un texte poignant sur les difficultés des étudiants, leur vie réduite à leur chambre, l'isolement, le risque de décrocher, la précarité, parfois le suicide et l'impression d'irremplaçables années de jeunesse volées. 

Prise de conscience

Jean Castex a laissé entendre prudemment que la promesse du président pourrait être tenue même en cas de reconfinement. "Même quand on est confiné, on a pu parfois prévoir un certain nombre d'exceptions. Là aussi, est-ce que compte tenu de la réalité des étudiants, on les fait entrer dans les exceptions ? Ces questions restent ouvertes", a dit le chef du gouvernement.

L'exécutif veut aussi répondre aux manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière, où au cri de "Rouvrez les facs !", des milliers d'étudiants avaient exprimé leur détresse, révoltés d'être "les seuls qui en sortent pas" contrairement aux salariés et aux écoliers ou lycéens.

La maire LR du VIIe arrondissement de Paris et ancienne ministre Rachida Dati demande donc au chef de l'Etat d'allouer un revenu minimum aux étudiants en situation de fragilité sociale.
  

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