Covid-19: tour de vis, voire reconfinement, le compte à rebours est lancé

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La police contrôle un livreur lors du couvre-feu dans les rues de Toulouse, le 24 octobre 2020
La police contrôle un livreur lors du couvre-feu dans les rues de Toulouse, le 24 octobre 2020
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© AFP, Fred SCHEIBER

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 21h43

La France va-t-elle devoir s'imposer un nouveau confinement, même moins radical que celui de mars? Face à une situation "critique", une série de réunions va avoir lieu mardi et mercredi et pourrait aboutir à un "durcissement" des mesures de lutte contre l'épidémie de Covid-19.

Le président Emmanuel Macron réunira mardi matin puis mercredi matin deux Conseils de défense consacrés à l'épidémie. Entre-temps, son Premier ministre Jean Castex recevra mardi en fin de journée les responsables politiques puis les partenaires sociaux à Matignon.

Ces deux réunions autour de M. Castex ont pour but d'évoquer "les durcissements envisagés dans la gestion de la crise sanitaire" du Covid-19, a indiqué Matignon à l'AFP.

De telles consultations, semblables à d'autres organisées ces dernières semaines, paraissent précéder l'annonce d'un nouveau tour de vis, qui pourrait ensuite être acté mercredi matin.

Une perspective rendue vraisemblable par la flambée de l'épidémie.

"On avait prévu qu'il y aurait cette deuxième vague, mais nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis 10 jours", a souligné sur RTL le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.

"La deuxième vague va probablement être plus forte que la première" et "beaucoup de nos concitoyens n'ont pas encore pris conscience de ce qui nous attend", a jugé le président de l'instance qui guide le gouvernement, en parlant d'une situation "critique".

- Ecroulement -

Un nouveau record a ainsi été battu dimanche avec 52.000 cas positifs enregistrés en 24 heures et leur nombre réel pourrait même être "autour de 100.000 par jour", selon le Pr Delfraissy.

Il voit "deux hypothèses" pour tenter de faire face.


La première est "d'aller vers un couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le weekend". Si cela ne suffit pas, un confinement pourrait ensuite être envisagé.

La deuxième hypothèse est "d'aller directement vers un confinement", mais "moins dur" et moins long que celui de mars à mai. Il "permettrait probablement de conserver une activité scolaire et un certain nombre d'activités économiques", avec un recours accru au télétravail.

Face à la perspective d'un reconfinement, l'opposition - Rassemblement national, France insoumise, PS ou LR - a critiqué le gouvernement, en lui reprochant son "imprévoyance", une "absence d'anticipation" ou un manque de concertation.

"Si on reconfine totalement comme on l'a fait en mars, ce n'est pas moins 10% de récession qu'on risque, c'est un écroulement de l'économie", a de son côté craint le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, sur RMC.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a d'ailleurs confirmé que le produit intérieur brut (PIB) français allait de nouveau baisser au dernier trimestre 2020, en raison des restrictions imposées par la deuxième vague.

Si l'hypothèse d'un reconfinement général n'est plus taboue, la France est déjà de fait entrée dans un confinement partiel, puisque deux Français sur trois sont désormais soumis à un couvre-feu nocturne. Cela concerne 54 départements en plus de la Polynésie, soit 46 millions de Français privés de déplacements entre 21H00 et 06H00 du matin.

- Ecoles -

"Le couvre-feu, c'est un pari risqué (...) Si on n'est pas efficace du tout, il faudra confiner", a averti sur France Info Éric Caumes, chef du service infectiologie de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP).

"Un reconfinement paraît plausible, il a été fait en Israël, en Australie avec beaucoup de succès", a également jugé l'épidémiologiste Antoine Flahault sur BFMTV.

L'une des solutions qu'il préconise est de ne pas rouvrir collèges, lycées et universités le 2 novembre après les vacances de la Toussaint.

"Les écoles primaires pourraient rester ouvertes mais devraient imposer le port du masque, même aux enfants de plus de 6 ans", pense le Pr Flahault, alors que le masque n'est pour l'instant obligatoire qu'à partir du collège.

En mars, le confinement avait été décidé pour éviter que le système hospitalier craque sous un afflux trop important de malades du Covid. Lundi, 2.761 malades graves du Covid étaient hospitalisés en réanimation, pour un total de 5.800 lits de réa dans toute la France. L'épidémie a fait 35.018 morts dans le pays depuis ses débuts, selon les chiffres de Santé publique France.

Déjà très touché par la première vague, le Grand Est est devenu la deuxième région à réactiver le "plan blanc" dans ses hôpitaux, après l'Île-de-France. C'est également le cas de manière plus localisée à Lille, Lyon, Grenoble ou Saint-Etienne. 

Lors de la première vague, des patients de régions très touchées avaient été transférés dans des endroits moins atteints pour réduire un peu la pression. Mais ces transferts sont plus compliqués à mettre en oeuvre cette fois-ci car la deuxième vague touche tout le territoire, avertissent les spécialistes.

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