Covid-19 : se dirige-t-on vers un nouveau confinement en France ?

Covid-19 : se dirige-t-on vers un nouveau confinement en France ?
Couvre-feu à Toulouse, le 24 octobre 2020.

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 09h40

Président du Conseil scientifique, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital ou médecin urgentiste, tous soulignent la dégradation des indicateurs de l'épidémie et incitent les pouvoirs publics à ne pas attendre pour agir. 



Faut-il mettre en place un nouveau confinement en France face à la recrudescence de l'épidémie de coronavirus ? Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a décrit lundi sur RTL "une situation très difficile, voire critique". "On avait prévu qu'il y aurait cette deuxième vague, mais nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis 10 jours", a-t-il expliqué, ajoutant que "la deuxième vague va probablement être plus forte que la première". 

"Il y a probablement plus de 50.000 cas par jour", a-t-il affirmé, faisant allusion au nombre de cas enregistré dimanche en 24 heures par Santé publique France.

"Le Conseil scientifique estime que l'on est plutôt autour de 100.000 cas par jour", a-t-il indiqué. Face à cette situation, le président du Conseil scientifique estime qu'il y a "deux hypothèses" pour tenter de juguler cette deuxième vague. La première est "d'aller vers un couvre feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le weekend". Après "10 à 15 jours (...) on pourrait regarder la courbe des nouvelles contaminations (...) et si on n'est pas dans la bonne direction, aller vers le confinement", a-t-il expliqué.

La deuxième hypothèse est "d'aller directement vers un confinement, moins dur que celui du mois de mars, qui permette à la fois le travail, qui évidemment s'accentuerait en terme de télétravail, qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire et qui permettrait aussi de conserver aussi un certain nombre d'activités économiques, qui pourrait être de plus courte de durée et qui serait suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu'on déconfinerait en passant par un couvre feu". "Plus on prendra des mesures rapidement, plus (elles) auront une certaine forme d'efficacité", a-t-il insisté.


Devant la dégradation des indicateurs de l'épidémie, certains demandent un nouveau confinement. "Il faut reconfiner", a estimé lundi sur France Info Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Selon lui, le couvre-feu mis en place pour endiguer le Covid-19 est inefficace. "On n'a plus le choix. Il faudrait reconfiner pour remettre les pendules à l'heure, permettre de se réorganiser, arrêter la saturation du système hospitalier, notamment des réanimations, ce qui va devenir de plus en plus critique", a-t-il expliqué.

"Bientôt on aura plus que des Covid dans nos lits de réanimation, on ne pourra plus en charge correctement les autres malades si le système est saturé par le Covid... Plus on attend tard pour prendre les bonnes décisions, moins elles seront efficaces rapidement", a-t-il souligné.

De son côté, le président (LR) de la région Grand Est Jean Rottner a appelé le gouvernement à ouvrir une large "concertation" avec les corps intermédiaires et les élus locaux pour préparer un "reconfinement adapté" aux situations locales. "Je demande que ces discussions s'ouvrent réellement entre le gouvernement et les corps intermédiaires et les élus locaux", a-t-il lancé sur France Info. "Il faut non pas une conférence de presse hebdomadaire ou tous les quinze jours, il faut du dialogue, de la concertation, de la pédagogie", a-t-il insisté. "Si reconfinement il doit y avoir dans dix jours ou dans quinze jours, parlons-en déjà maintenant, que l'on prépare les Français", a-t-il souligné.

Jean Rottner, lui-même médecin urgentiste, préconise d'"insister plus particulièrement" sur les zones où l'"on a plus de 1.000 cas positifs pour 100.000 habitants". Il faut préserver "une certaine forme d'activité économique, adapter nos transports en commun, étaler les heures de prise de travail" et "peut-être conserver l'activité scolaire", a-t-il plaidé.

Interrogé sur la probabilité d'un reconfinement, il a souligné que "les chiffres sont implacables" avec "plus de 50.000 nouveaux cas positifs" enregistrés en 24 heures et "le seuil de 1.000 morts par semaine" d'ores et déjà dépassé. "Je demande que nous puissions en discuter avant qu'il ne soit trop tard (...), plutôt que d'attendre encore quinze jours ou trois semaines que le gouvernement ouvre les discussions avec les élus locaux, avec les organisations syndicales et patronales", a insisté Jean Rottner. "L'épidémie est devant nous" et nous avons "un ou deux trains de retard", a-t-il encore averti.

Dans un tweet publié dimanche soir, Jean Rottner s'était montré plus affirmatif, disant avoir "la certitude que nous allons vers un confinement".
 

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