Covid-19 : retour aux restrictions en Polynésie française

Covid-19 : retour aux restrictions en Polynésie française©SEBASTIEN BOZON / AFP
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publié le samedi 31 juillet 2021 à 21h49

Dans une allocution vendredi soir à Papeete, le haut-commissaire n'a pas exclu un retour au couvre-feu et l'application du pass sanitaire, qui n'a pour l'instant pas été étendu à la Polynésie française. Il envisage également de limiter les déplacements inter-îles.

La situation sanitaire inquiétante en Polynésie française, dont la dégradation est liée au variant Delta, nécessite un retour des restrictions.

C'est ce que le haut-commissaire et le président ont annoncé lors d'une allocution commune, vendredi soir à Papeete - ce samedi 31 juillet à Paris.



"Le taux d'incidence en Polynésie française est passé en deux semaines de 6 pour 100.000 habitants à 267 pour 100.000", a déclaré le haut-commissaire Dominique Sorain, plus haut représentant de l'Etat dans cette collectivité d'outre-mer.

Les rassemblements publics sont désormais limités à 20 personnes et aucun événement rassemblant plus de 500 personnes n'est plus permis. Les mariages et anniversaires sont interdits dans les établissements publics, tout comme les concerts, expositions, brocantes et fêtes foraines. Très prisés en Polynésie, les bingos et combats de coqs sont aussi prohibés.

Les discothèques et salles de bals sont fermées. Les compétitions sportives peuvent se tenir, mais à huis clos. Les veillées funéraires ne pourront accueillir que 15 personnes et les lieux de culte la moitié de leur capacité d'accueil. Ces mesures entrent en vigueur samedi et pour un mois.

L'importance de la vaccination

Le haut-commissaire n'a pas exclu un retour au couvre-feu et l'application du pass sanitaire, qui n'a pour l'instant pas été étendu à la Polynésie française. Il envisage également de limiter les déplacements inter-îles.

Le président Edouard Fritch a pour sa part insisté sur l'importance de la vaccination, alors que moins d'un tiers de la population polynésienne est vaccinée et que des dizaines de milliers de doses disponibles pourraient être périmées dans les prochains mois.

Le 13 juillet, plus aucun Polynésien n'était hospitalisé pour Covid. Deux semaines plus tard, 40 patients sont hospitalisés, dont 8 en réanimation. "Dans 90% des cas, il s'agit de personnes qui ne sont pas vaccinées", a insisté Edouard Fritch. A deux semaines de la rentrée scolaire, il envisage d'ouvrir des centres de vaccination dans les collèges et lycées.

Son gouvernement veut éviter la saturation de l'unique centre hospitalier de la Polynésie française, ainsi qu'une diffusion dans les îles et atolls éloignés de Tahiti, peu équipés en structures de soin, d'autant plus que la prévalence des comorbidités, comme le diabète, l'obésité ou les maladies cardiovasculaires, est importante en Polynésie.

Le Covid-19 a tué 149 personnes en Polynésie française.

Samedi de manifestations

Ces nouvelles restrictions dans l'archipel interviennent alors que la Réunion et la Martinique, départements français d'Outre-mer, s'apprêtent à reconfiner face à la hausse fulgurante des cas de Covid-19, une situation qualifiée de "dramatique" par le Premier ministre Jean Castex.

Ce samedi, plus de 200.000 opposants à l'extension du pass sanitaire ont défilé dans les rues de plusieurs villes de France, une mobilisation en hausse au troisième week-end de contestation.

A Paris, Marseille ou Lyon et dans des dizaines d'agglomérations, des cortèges hétéroclites ont défilé dans une ambiance souvent virulente.

Aux cris de "liberté, liberté" scandés dans la plupart des défilés s'ajoutaient essentiellement des slogans hostiles au président de la République et aussi aux médias, au milieu de pancartes "Macron dégage" ou "terreur sanitaire".

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