Covid-19 : près de 40.000 manifestants en France contre le pass vaccinal

Covid-19 : près de 40.000 manifestants en France contre le pass vaccinal
Manifestation à Paris le 16 janvier 2022.

publié le samedi 22 janvier 2022 à 21h24

700 personnes se sont rassemblées contre le pass vaccinal à Aix-en-Provence, 950 à Montpellier et 1.200 à Marseille, selon les chiffres de la police ce samedi 22 janvier.

A deux jours de l'entrée en vigueur, lundi, du pass vaccinal, près de 40.000 opposants, dont 5.200 à Paris, ont défilé dans les rues ce samedi 22 janvier. La participation est en nette baisse par rapport à samedi dernier, selon des chiffres donnés par le ministère de l'Intérieur.

Les manifestants ont réclamé la "liberté" et fustigé "l'Apartheid" imposé selon eux par le gouvernement entre vaccinés et non vaccinés.



Samedi dernier, ils étaient 54.000 à défiler dans les rues. 

A Paris, quatre manifestations avaient été déclarées. Des Gilets jaunes y ont défilé, dans la matinée, entre le square d'Anvers et la place de la Nation. Ils ont été relayés dans l'après-midi par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, qui a rassemblé une foule de tous âges, dont des parents accompagnés de leurs enfants, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le cortège de plusieurs centaines de personnes, pour la plupart non masquées, a défilé de la place de Barcelone, dans le 16e arrondissement, vers le ministère de la Santé, dans le 7e arrondissement, portant notamment des pancartes "Liberté", "Vérité" ou "Non à l'Apartheid", des drapeaux français ou arborant la Croix de Lorraine. "Pass vaccinal, résistance totale !" ou "Macron, on t'em...", scandaient les manifestants, en référence aux propos tenus par le chef de l'Etat qui ont fait polémique.

"Je préfère mourir aux portes de la liberté que de mourir dans les enfers de la servitude", proclamait une pancarte, tandis qu'une autre représentait une seringue transperçant Marianne. Un animateur faisait scander "Résistance ! Résistance !" ou encore "Liberté ! Liberté !"

Des manifestations dans toute la France

Parmi les manifestants, Sophie, juriste de 44 ans et Franck, consultant informatique de 56 ans, ont expliqué à l'AFP qu'ils étaient tous les deux vaccinés, mais pas leur fille, car ils s'opposent à la vaccination des enfants et adolescents.

Ils ont expliqué être "anti pass vaccinal mais pas pour Philippot". Pour Franck, "le discours des autorités est incohérent et varie avec le temps, en fonction des contingences", et "on ne sait plus distinguer le vrai du faux". Sophie a, pour sa part, regretté qu'"au moment où le virus est le moins virulent, on mette en place le pass vaccinal, alors qu'on pourrait jouer l'immunité naturelle collective".

D'autres manifestations ont eu lieu dans toute la France. 700 personnes se sont rassemblées à Aix-en-Provence, 950 à Montpellier et 1.200 à Marseille, selon les chiffres de la police.

A Bordeaux, ils étaient 450 selon la police, deux fois moins que la semaine dernière. Parmi eux, Anaëlle, infirmière en congé maternité, pour qui "l'obligation vaccinale est une honte" et qui a dénoncé "des projets expérimentaux". "Les gens vaccinés tombent malades, à quoi ça sert ?", s'est-elle interrogée.

Les manifestants étaient également environ 300 à Lille, dont quelques dizaines de Gilets jaunes, derrière une banderole de tête disant "non à la dictature" et réclamant "une justice sociale, fiscale et écologique". "Finis les tests, finis les masques, on n'en veut plus !" pouvait-on entendre à Strasbourg, où se sont rassemblés 600 participants selon la police.

Pass vaccinal dès lundi

Le pass vaccinal sera donc déployé lundi en France. Il faudra alors pouvoir justifier pour les plus de 16 ans d'un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Vendredi, le Conseil constitutionnel a validé la plupart des dispositions du projet de loi controversé instaurant le pass vaccinal, y compris les possibles vérifications d'identité par cafetiers ou restaurateurs, au nom de l'objectif de "protection de la santé" face à l'épidémie de Covid-19.

Les Sages, qui avaient été saisis par les oppositions, ont toutefois censuré la possibilité pour les organisateurs de meetings politiques de demander un pass sanitaire aux participants. Les organisateurs pourront cependant prendre "toutes mesures de précaution sanitaire utiles, telles que la limitation du nombre de participants, la distribution de masques ou l'aération des salles", selon un communiqué.

Pour justifier cette censure partielle, le Conseil constitutionnel a relevé que les parlementaires n'ont pas conditionné le pass dans les meetings à la "situation sanitaire". La mesure avait été introduite via un amendement LR en commission à l'Assemblée le 29 décembre, avec le soutien de la majorité.

"Nous respecterons bien sûr la décision (...) même si nous inciterons fortement à se doter du pass qui reste la meilleure protection contre les formes graves", a réagi le délégué général de LREM Stanislas Guerini.

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