Covid-19 : pourquoi la vaccination est-elle si lente en France ?

Covid-19 : pourquoi la vaccination est-elle si lente en France ?
Une personne reçoit la dose de vaccin le 27 décembre à Sevran.

publié le mercredi 30 décembre 2020 à 12h22

A peine 200 personnes avaient reçu une première dose de vaccin mercredi matin en France. Une lenteur décriée par des politiques et des scientifiques alors qu'Alain Fischer, pédiatre et immunologiste, coordinateur de la stratégie vaccinale contre le Covid-19, a mis en avant des difficultés d'ordre logistique.

Depuis le début de la semaine, politiques comme scientifiques disent leur incompréhension voire leur mécontentement face à une campagne de vaccination qui ne décolle pas en France. "L'Allemagne est déjà à plus de 42.000 vaccinés, le Royaume-Uni à 900.000 et la France à moins de 200 ! Après les masques, les tests et l'isolement, un nouvel échec serait terrible", a alerté le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur Twitter, en demandant au gouvernement de "rendre public le calendrier de vaccination des Ehpad par département".


Même son de cloche du côté d'Axel Kahn, président de la Ligue nationale contre le cancer. Il a regretté sur Europe 1 la stratégie prudente du gouvernement qui "n'est pas adaptée à une situation très périlleuse" alors même, dit-il, qu'il y a en France entre 30 et 35% de "vaccino-sceptiques". Avec cette attitude, "on va les convaincre qu'en effet, si on va si lentement, c'est qu'on n'est pas sûr de soi et qu'il y a un danger", observe-t-il.


"C'est compliqué"

Invité de Franceinfo mercredi 30 décembre, le "Monsieur vaccination" du gouvernement a tenter de justifier ces chiffres bas qui mercredi matin, à 07 heures ne s'élevaient qu'à 138 doses injectées depuis dimanche, selon le site CovidTracker. Premier argument avancé par Alain Fischer, pédiatre et immunologiste, coordinateur de la stratégie vaccinale contre le Covid-19 en France, le fait que les premiers vaccinés soient les résidents des Ehpad, public le plus fragile. "Cette stratégie a une conséquence, elle force à aller plus lentement, car il faut savoir qu'il y a environ 14 000 établissements de ce type en France et que le vaccin est difficile à transporter, difficile à conserver (...) Le vaccin va aux personnes, on ne transporte pas les personnes vers un endroit où est stocké le vaccin. Ça prend du temps. C'est compliqué", précise-t-il.


Et jouer la prudence : "Il faut raison garder et organiser les choses convenablement, que tout se passe en sécurité en respectant aussi les règles d'éthique".

14 millions de personnes vaccinées pour mai ?

Pourquoi la logistique est-elle si complexe ? "Il faut amener dans 14 000 établissements, progressivement, un produit qui ne peut se transporter que sur un temps limité à température de +4°C, donc c'est une affaire complexe", répète Alain Fischer. Pour l'heure, seul le vaccin Pfizer/BioNTech est disponible en France, nécessitant d'être stocké à une température de -70°. Alain Fischer assure que le plan mis en place va monter en puissance et qu'en février, "près d'un million de personnes" seront vaccinées, puis 14 millions d'ici le mois de mai. 500 000 doses sont arrivées cette semaine, "encore 500 000 doses arriveront la semaine prochaine", assure-t-il. Selon lui ces nouvelles doses "permettront justement d'accélérer ce programme de vaccinations dans les Ehpad".
 

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