Covid-19 : plusieurs spécialistes constatent un "frémissement dans la pente épidémique", une "amorce d'infléchissement"

Covid-19 : plusieurs spécialistes constatent un "frémissement dans la pente épidémique", une "amorce d'infléchissement"
Un malade du Covid-19 dans un hôpital de Libourne, le 6 novembre 2020.
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publié le lundi 09 novembre 2020 à 11h30

"On voit dans les services hospitaliers un petit peu moins de patients qui arrivent", même si les services de réanimation sont "bien saturés", soulignent les épidémiologistes.

Si les spécialistes soulignent qu'il est trop tôt pour évaluer les effets du reconfinement sur l'épidémie de coronavirus, plusieurs relèvent "un frémissement dans la pente épidémique", une "amorce d'infléchissement".



"Ce n'est pas la même chose partout en France, mais dans certaines régions, dont l'Île-de-France, on a l'impression d'avoir un frémissement dans la pente épidémique, dans cette croissance que l'on voyait continue, exponentielle, ces dernières semaines. On a l'impression que cela s'infléchit", a indiqué Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris sur BFMTV-RMC lundi 9 novembre. 

"On voit dans les services hospitaliers un petit peu moins de patients qui arrivent", même si les services de réanimation sont "bien saturés" car "il y a beaucoup de patients qui passent des urgences en réanimation parce qu'ils arrivent tard aux urgences", a-t-elle poursuivi.

"Il y a une amorce de fléchissement" de l'épidémie de coronavirus en Île-de-France, a confirmé Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur France Inter lundi 9 novembre.

Dans la région, "on voyait, en moyenne, 110 entrées en réanimation et 500 hospitalisations par jour (il y a huit jours). Ces trois ou quatre derniers jours, on voit plutôt à peu près 80 entrées par jour en réanimation, et plutôt 400 entrées en hospitalisations par jour", a indiqué Martin Hirsch.


"On est prudent dans les termes, parce qu'on a eu un peu de répit fin septembre et on a vu (l'épidémie) redémarrer en octobre", a-t-il néanmoins prévenu. Le directeur général de l'AP-HP espère que cet infléchissement va durer, "si les comportements continuent à être prudents". "On peut se réjouir d'avoir eu le couvre-feu. On peut se réjouir, d'un point de vue sanitaire, d'avoir mis en place le confinement et de ne pas l'avoir mis en place trop tard", a-t-il souligné. Un avis partagé par Karine Lacombe : "Probablement les mesures qui ont été prises entre le confinement et le couvre-feu vont permettre de diminuer l'incidence."

Dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur en revanche, aucun signe de "ralentissement" de l'épidémie, selon le directeur de l'Agence régionale de santé Paca, Philippe Demester, qui évoque "une circulation virale qui s'accentue depuis deux semaines". "Tous les indicateurs augmentent, on est au-dessus de la moyenne nationale", a-t-il décrit.

Dimanche, le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà indiqué qu'il y avait un "frémissement" et "une forme de ralentissement" dans la progression de l'épidémie, bien qu'il soit encore "trop tôt pour juger de l'effet du reconfinement".

Comme l'a rappelé lundi matin la cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine, il y a un temps de décalage "de deux à trois semaines" entre l'application des mesures comme le couvre-feu et le reconfinement et leur efficacité. "On a une semaine d'incubation, une semaine de symptômes - à ce moment on va guérir ou pas - et quand on ne guérit pas et qu'on passe en réanimation, cela prend encore une semaine", a-t-elle ajouté. 

Karine Lacombe estime toutefois que "nous allons vivre avec (le virus) pendant longtemps". "Chaque épidémie a une forme particulière, certaines ont un seul pic et ont disparu, d'autres se propagent sur deux ans avec plusieurs pics. On pense qu'ici, ce serait plusieurs vagues sur un an ou deux ans", assure-t-elle. Il "n'est pas sûr qu'on aura un traitement spécifique anti-Covid" un jour, a encore dit l'infectiologue, tout en espérant un vaccin "avant l'été". 
 

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