Covid-19 : pharmaciens, sages-femmes, dentistes et pompiers désormais autorisés à vacciner les enfants

Covid-19 : pharmaciens, sages-femmes, dentistes et pompiers désormais autorisés à vacciner les enfants©SEBASTIEN BOZON / AFP

publié le jeudi 27 janvier 2022 à 11h16

Alors que la campagne de vaccination des enfants patine, le gouvernement veut désormais l'accélérer en simplifiant certaines règles, en autorisant notamment de nouvelles professions à vacciner les plus jeunes.

Ouverte juste avant Noël, la vaccination contre le Covid-19 des 5-11 ans ne décolle pas. Sur quelque cinq millions d'enfants concernés, à peine plus de 200.000, soit un peu moins de 4%, ont reçu une première dose, sans parler d'une vaccination complète.

Afin d'accélérer la campagne, le gouvernement autorise désormais de nouvelles professions à les vacciner, selon un arrêté paru au Journal officiel jeudi 27 janvier.



Alors que seuls les médecins, les pédiatres et les infirmiers étaient jusque-là autorisés à le faire, les pharmaciens, les pompiers (du bataillon de marins-pompiers de Marseille et de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris), les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes ou encore les étudiants en médecine pourront vacciner les 5-11 ans dès vendredi, toujours avec le sérum Pfizer/BioNTech, dans une version moins dosée que pour les plus âgés.

Afin de relancer la vaccination de cette tranche d'âge, l'exécutif était déjà revenu en début de semaine sur l'obligation d'avoir l'accord des deux parents. 

Vacciner les enfants pour les protéger ou pour protéger leurs parents ?

Les arguments scientifiques sont mitigés pour généraliser la vaccination anti-Covid à tous les enfants, notamment face à l'essor d'Omicron contre lequel les vaccins existants empêchent beaucoup moins les contaminations. Ce contexte plombe en particulier l'argument collectif, qui recommande de vacciner les enfants pour éviter qu'ils transmettent le virus à leurs ainés au sein de la population.

Mais "diminuer, même un peu, la fréquence des infections chez les enfants, c'est diminuer un peu la transmission et c'est toujours une bonne chose (pour) protéger les personnes les plus fragiles", insiste Alain Fischer, à la tête du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, chargé de conseiller le gouvernement sur la vaccination anti-Covid, évoquant des études israéliennes selon lesquelles le vaccin reste efficace à 50% pour limiter l'infection à Omicron chez les enfants.

Reste que cet intérêt collectif est "limité", selon les termes de M. Fischer, qui préfère se concentrer sur le bénéfice individuel pour les enfants eux-mêmes. Cet argument reste difficile à porter, au vu du faible risque de forme grave de Covid chez les enfants par rapport aux adultes, en particulier les personnes âgées. "Rare ne veut pas dire que ça n'existe pas", a prévenu M. Fischer.

De fait, les hospitalisations d'enfants diagnostiqués au Covid ont fortement augmenté par rapport aux vagues précédentes, même si leur nombre reste faible dans l'absolu et bien inférieur, par exemple, aux plus de 65 ans.

"Il y a un bénéfice individuel, qui n'est pas majeur mais qui existe", a avancé mardi sur franceinfo Jean-François Delfraissy, qui dirige le Conseil scientifique, autre instance destinée à orienter le gouvernement. En revanche, "ça ne vaut pas le coup" de vacciner les plus petits pour protéger les autres, a-t-il tranché.

Pour une catégorie d'enfants, toutefois, la vaccination ne souffre pas de débats. Ce sont les plus fragiles, atteints de "comorbidités" comme le diabète, pour lesquels le gouvernement s'inquiète en priorité.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.