Covid-19 : "Pas de raison que les adultes en bonne santé reçoivent une dose de rappel", estime Alain Fischer

Covid-19 : "Pas de raison que les adultes en bonne santé reçoivent une dose de rappel", estime Alain Fischer
Le président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale Alain Fischer le 25 février 2021.

publié le vendredi 08 octobre 2021 à 13h08

Le "Monsieur vaccin" du gouvernement a assuré vendredi sur LCI que l'immunité que confère le vaccin anti-Covid aux moins de 65 ans en bonne santé "en termes de protection contre les formes graves reste excellente" et qu'ils n'ont pas besoin dans l'immédiat d'une 3e dose.

Une 3e dose de vaccin anti-Covid d'abord pour les plus âgés et les plus fragiles et demain pour tout le monde ? Non, ou en tous cas pas dans l'immédiat, répond Alain Fischer alors que la Haute autorité de santé a ouvert la voie à une généralisation du rappel à tous les adultes.  Bien que les circonstances ne "justifient pas à ce stade de recommander l'administration d'une dose supplémentaire en population générale, (...) la HAS souligne toutefois que l'administration d'une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent", a-t-elle prévenu dans un avis rendu mercredi 6 octobre. 



"Aujourd'hui, il n'y a pas de raison pour que les adultes en bonne santé de moins de 65 ans reçoivent une dose de rappel", a expliqué vendredi 8 octobre sur LCI le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. "Leur immunité en termes de protection contre les formes graves reste excellente. Sans doute, un jour ou l'autre, faudra-t-il un rappel, mais peut-être pas dans un temps très bref."

Mercredi, la Haute autorité de santé (HAS) avait préconisé "d'élargir le périmètre de la dose de rappel", en la proposant aux "soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social", ainsi qu'à "l'entourage des personnes immunodéprimées" (personnes en chimiothérapie par exemple). Une recommandation appliquée par le gouvernement qui a ouvert dans la foulée la campagne de rappel aux soignants. 

Jusqu'à maintenant, la campagne de rappel ne concernait que les plus de 65 ans et les personnes à risque, comme les obèses et les diabétiques, à condition d'avoir été vaccinés plus de six mois auparavant. Cela représente 18 millions de Français, auxquels il faut désormais ajouter quelques 3 millions de "soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social". 

"Parmi la population qui a eu sa vaccination en janvier ou février, environ un tiers a eu son rappel", a indiqué le Pr Alain Fischer sur LCI. "Ce n'est pas assez. Le rappel est important, car il y a une petite baisse à l'égard des formes graves passées six mois. Ce rappel permet de 'booster' l'immunité. Les premières données indiquent que cela permet d'obtenir une réponse immunitaire très puissante et protectrice", a-t-il assuré. 



La nécessité d'une dose de rappel fait encore l'objet de nombreux débats dans le monde scientifique, car son intérêt reste à évaluer précisément pour l'ensemble de la population. Certains chercheurs estiment qu'il est plus urgent de distribuer des doses dans les pays, souvent pauvres, où la vaccination est peu avancée, plutôt que les réserver pour des campagnes massives de rappels là où la population est déjà largement vaccinée.


 

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