Covid-19 : "oubliés de la crise", les forains manifestent

Covid-19 : "oubliés de la crise", les forains manifestent
Fête foraine à Bordeaux, le 12 octobre 2020.

, publié le lundi 12 octobre 2020 à 14h10

Les forains ont mené lundi 12 octobre des opérations escargots sur de nombreux axes de l'Hexagone pour protester contre les annulations ou restrictions imposées en raison du coronavirus.

Entre annulations et diminution de la jauge à 1.000 personnes, les forains subissent la crise du Covid-19 de plein fouet. En colère et se considérant comme "les oubliés de la crise", ils ont mené lundi matin 12 octobre à l'initiative de la Fédération des forains de France (FFF) des opérations escargots sur de nombreux axes de l'Hexagone pour protester et réclamer des aides. 



Près de Lille, une centaine de véhicules, selon un représentant des forains du Nord et du Pas-de-Calais, se sont mobilisés et un bouchon de huit kilomètres s'est formé sur l'A25, selon un communiqué de la cellule de vigilance routière.

"Forains en colère", "Stop discrimination", pouvait-on lire à l'avant de leurs camions arrivés dans Lille en klaxonnant. A Bordeaux, dans un cortège bruyant et les klaxons, les forains ont paralysé en matinée les quais du centre, après être partis de la grande Place des Quinconces, qui accueille depuis samedi la Foire aux Plaisirs d'automne. "Forains en colère", "Égalité de traitement entre tous les commerçants", était-il écrit sur les banderoles accrochées à une soixantaine de camions. 

D'autres opérations escargot ont peu lieu près d'Arras, à Rouen ou encore près de Vannes et en Moselle. Dans le Loiret, les forains ont provoqué huit kilomètres de bouchon sur l'A10 en direction de Paris entre Orléans et Artenay (Loiret), selon la préfecture. A Lyon, un cortège de plusieurs dizaines de camions de forains s'est formé dans le sud de la ville et à Marseille, environ 90 camions ont rejoint la préfecture des Bouches-du-Rhône, selon la préfecture de police.

Ces actions ont eu lieu à quelques heures d'une rencontre entre le ministre délégué aux PME Alain Griset et des représentants des forains.

"Traitement discriminatoire subi par les forains"

"Nous comprenons le contexte sanitaire. Mais nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement nous empêche de travailler", s'insurge dans les colonnes du Parisien Bruno Proost, forain depuis huit génération et membre de la FFF. Pointant "les incohérences des pouvoirs publics qui annulent les fêtes foraines en plein air mais laissent ouverts les parcs d'attractions, galeries marchandes, grands magasins, métro où l'affluence est maximale", il dénonce "le traitement discriminatoire subi par les forains". 

Partout les forains demandent à l'Etat de calculer les jauges selon la surface des fêtes foraines et "des mesures d'accompagnement et d'indemnisation à hauteur des pertes subies", "la création d'un fond de solidarité universelle pour survivre" et «l'annulation des charges, notamment des droits de place dus aux municipalités et l'exonération de la TVA".
 

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