Covid-19 : Olivier Véran fait un nouveau point ce jeudi

Covid-19 : Olivier Véran fait un nouveau point ce jeudi
Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 30 septembre à Matignon.

, publié le jeudi 01 octobre 2020 à 11h00

Le ministre de la Santé doit prendre la parole à 18h00, alors que les indicateurs de l'épidémie continuent de se dégrader, notamment à Paris et en Île-de-France. En préambule de ses annonces, le Premier ministre Jean Castex recevait les maires de la capitale, mais aussi de Lyon, Lille, Grenoble et Toulouse dans la matinée. 

Après Aix-Marseille et la Guadeloupe, la semaine dernière, de nouvelles zones vont-elles passer en alerte maximale ? Réponse ce jeudi, après la conférence de presse d'Olivier Véran. 




Les indicateurs de l'épidémie continuent de se dégrader, notamment à Paris, laissant craindre un tour de vis supplémentaire.

La capitale et sa petite couronne (92, 93, 94), déjà placées en zone d'alerte renforcée, ont atteint les critères théoriques pour basculer en alerte maximale. 

À Paris, le taux d'incidence (nouveaux cas) dépassait mardi la barre des 250 pour 100.000 habitants (259,6) sur sept jours. Le taux d'incidence pour les 60-69 ans dépassait les 100 cas positifs pour 100.000 (132,9), selon les chiffres de par l'Agence régionale de santé d'Île-de-France. Autre cap franchi : le taux d'occupation des lits en réanimation pour les patients atteints de Covid-19 atteignait 32,1% en Île-de-France mardi, au-dessus du seuil critique de 30%.

Les chiffres se dégradent en Île-de-France 

"Les chiffres montent très nettement en réa en Île-de-France. Deux indicateurs sur trois ont dépassé les taux marseillais. Au troisième, on passera de l'autre côté de la barrière", s'alarme Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris en charge de la santé. Elle craint de nouvelles restrictions, voire des périodes de reconfinement, dans la région la plus peuplée de France (environ 12 millions d'habitants). 




Emmanuel Macron ne ferme aucun porte. "Le gouvernement doit pouvoir prendre des mesures additionnelles nécessaires en fonction de l'évolution de l'épidémie et chaque mesure prise a un temps de vie de 15 jours parce que c'est le temps qui permet de voir son efficacité", a-t-il expliqué mercredi, en marge d'un déplacement en Lettonie. Le président de la République  a évoqué l'annonce de "décisions" et d'"ajustements" par le ministre de la Santé ce jeudi. 

Les maires consultés 

Les maires et présidents de métropoles de Paris, Lyon, Lille, Grenoble et Toulouse étaient reçus à Matignon jeudi. Ces villes font partie des 11 métropoles placées en zone d'alerte renforcée la semaine dernière. 

L'objectif est d'ouvrir "la concertation avec les élus, pour évaluer les mesures contraignantes" qui ont déjà été mises en place dans ces villes "et discuter d'éventuelles adaptations, des mesures de renforcement si les indicateurs venaient à évoluer défavorablement", précise l'entourage du Premier ministre.

Pas forcément de nouvelles restrictions 

Mais, fait-on savoir de même source, cela ne préfigure pas forcément "une bascule de seuil" accompagnée de nouvelles restrictions. D'ailleurs, selon RTL et BFMTV, citant des sources gouvernementales, aucune nouvelle ville ne devrait passer en zone d'alerte maximale. Olivier Véran pourrait adresser un "message d'alerte" aux Français : "si la situation ne s'améliore pas, de nouvelles décisions seront prises", aurait confié une source gouvernementale à la chaîne d'information. 

L'intervention hebdomadaire d'Olivier Véran, prévue à 18h00, est très attendue, sur fond de colère des restaurateurs touchés par des fermetures totales dans les zones d'alerte maximale ou partielles dans les zones d'alerte renforcée. 

Plus de 1.200 malades en réanimation

Contraints de baisser totalement le rideau durant le printemps, les secteurs de l'hôtellerie-restauration et des salles de sport craignent le coup de grâce avec ces nouvelles restrictions, malgré les aides du gouvernement, qui a annoncé le maintien jusqu'à la fin de l'année du dispositif de chômage partiel à 100% pour tous les secteurs protégés.

Au niveau national, les indicateurs continuent de se dégrader. Ce sont désormais plus de 1.200 malades du Covid-19 qui sont en réanimation, selon les chiffres de Santé publique France mercredi. Un chiffre très en-dessous des niveaux atteints lors du pic de l'épidémie, avec 7.000 malades en réa début avril, mais qui progresse rapidement (on comptait 500 cas graves début septembre). 

"Zone dangereuse" 

"Rappelons qu'avec plus de 20% des lits utilisés pour le Covid, nous entrons en zone dangereuse si nous voulons continuer à soigner les autres malades", a souigné mercredi le chef des urgences de l'hôpital Pompidou à Paris, Philippe Juvin. La France compte environ 5.000 lits de réanimation.




Avec 12.845 nouveaux cas de Covid-19 confirmés en 24 heures, le taux de positivité des tests se maintient à 7,6%, contre autour de 4% début septembre. Et le taux de positivité en Île-de-France atteint désormais 10,6%, au-dessus du chiffre national. Alors que la barre du million de morts dans le monde a été dépassée, la pandémie a fait près de 32.000 morts (31.956) en France, dont 64 dans les dernières 24 heures. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.