Covid-19: nouvelles restrictions en vue, "marée" à l'horizon pour les hôpitaux franciliens

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Des policiers patrouillent le 6 octobre 2020 à Paris
Des policiers patrouillent le 6 octobre 2020 à Paris
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© AFP, THOMAS COEX

, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 15h01

Après Aix-Marseille et Paris, la menace de nouvelles restrictions sanitaires se profile jeudi dans plusieurs villes pour freiner l'épidémie de Covid-19, dont la circulation fait craindre une "marée très forte" de malades pour les hôpitaux et cliniques d'Ile-de-France.

Trois jours après l'entrée en vigueur de la fermeture des débits de boisson dans la capitale et de protocoles plus stricts dans les restaurants, le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a comparé la situation à une "veillée d'armes" mercredi devant des députés, doit prendre la parole à 18H00, aux côtés du ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Selon les prévisions, la récession devrait atteindre 9% en 2020.

Cinq métropoles pourraient suivre le même chemin que Paris: Lille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Toulouse, pointées il y a une semaine par le ministre de la Santé.

"Dans les endroits où ça circule trop vite, en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, et où on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions", a prévenu Emmanuel Macron mercredi soir lors d'un entretien sur TF1 et France 2, en prenant pour exemple Paris et les Bouches-du-Rhône.

A Lyon, le passage en zone d'alerte maximale "est une option qui nous inquiète, mais rien n'est confirmé", indique à l'AFP une source proche de la mairie.

Dans la métropole de Saint-Etienne, 53 communes et 400.000 habitants, "tous les signaux étaient au rouge en début de semaine", a aussi indiqué le député de la Loire, Régis Juanico. 

- "Plan blanc" -


Au-delà des bars et des restaurants, le passage en zone d'alerte maximale a signifié pour Paris la fermeture des foires, salons professionnels et cirques, des jauges plus limitées dans les centres commerciaux, grands magasins et les amphis universitaires, ainsi que la fermeture des piscines aux adultes et le maintien de portes closes pour les salles de fitness.

Conséquence du tempo choisi par le gouvernement, avec des mesures qui tombent au fur et à mesure de l'évolution du virus dans les territoires, les maires concernés revendiquent leur part de décision et n'hésitent pas à critiquer l'exécutif, à l'instar des élus marseillais qui avaient dénoncé un manque de dialogue après l'annonce, le 23 septembre, de la fermeture totale des bars et des restaurants.

"Sans cesse accroître la contrainte n'est pas toujours la bonne pédagogie, me semble-t-il, notamment sur la question des jauges et le fait de fermer les bars à 22H00", a déclaré le maire EELV de Lyon Grégory Doucet.

Dans un courrier au ministre de la Santé, le maire EELV de Grenoble Eric Piolle demande lui "un temps plus long" pour évaluer les mesures déjà mises en place.

Plusieurs grandes villes européennes serrent aussi la vis, comme Bruxelles où cafés et bars doivent fermer jeudi, ou Berlin et Francfort qui ont instauré un couvre-feu.

- Rappels de personnels? -

En région parisienne, les prochaines semaines s'annoncent difficiles dans les hôpitaux, même si la dynamique ne ressemble pas à celle des mois de mars-avril, quand le nombre de patients dans les services de réanimation doublait en seulement trois à quatre jours.

Pour faire face à l'afflux de nouveaux malades du Covid-19 et à un taux d'occupation des lits en réanimation qui dépasse désormais les 40%, avec des prévisions à 50%, le directeur général de l'Agence régionale de santé francilienne Aurélien Rousseau a annoncé jeudi avoir déclenché le "plan blanc renforcé", synonyme de déprogrammation d'activités, de réaffectation des effectifs en interne, voire de rappel de personnels en congés si besoin.

"Une décision lourde" qui "veut dire qu'on va prendre une marée très forte et qu'il faut mettre toutes les forces dans la bataille", a prévenu Aurélien Rousseau, interrogé par l'AFP.

"Il n'y a pas plus de moyens", a déploré de son côté sur France 2 le chef des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou Philippe Juvin, en prévenant que certaines opérations ne pourraient pas être déprogrammées aussi facilement qu'au printemps pour accueillir des patients Covid-19.

"Au mois de mars, 5.000 lits de réanimation en France, au mois d'octobre, 5.000 lits de réanimation, est-ce que c'est normal ? ", a demandé ce médecin, également maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

Selon le dernier bilan, 32.445 personnes atteintes du coronavirus sont décédées en France depuis le début de l'épidémie.

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