Covid-19 : moins de 20% des adultes ont été touchés par le virus en France, selon l'Institut Pasteur

Covid-19 : moins de 20% des adultes ont été touchés par le virus en France, selon l'Institut Pasteur
Travail sur le génome du virus à l'Institut Pasteur.

, publié le mercredi 24 février 2021 à 22h15

L'organisme de recherche estime par ailleurs que la vaccination ne suffira pas pour éviter un bond des hospitalisations, selon deux études mise en ligne mercredi.

Moins d'un adulte sur cinq... Selon une étude de l'Institut Pasteur publiée mercredi 24 février, environ 17% de la population adulte a été infectée par le virus Sars-CoV-2 et donc "pourrait avoir acquis une immunité (au moins partielle et de court terme)".

Ce taux varie fortement selon les régions, de quelque 5% en Bretagne à 30% en Île-de-France.

Proche de 25% chez les 20-39 ans, ce taux décroît ensuite avec l'âge, jusqu'à environ 11% chez les plus de 70 ans. A la sortie du premier confinement, en mai, l'organisme de recherche estimait "que cette proportion devait se situer aux environs de 5% au niveau national, avec des variations importantes entre région (de l'ordre de 10% en Ile de France et dans le Grand Est)".



Dans une seconde étude publiée également mercredi, l'Institut Pasteur estime par ailleurs que la progression de la campagne de vaccination ne permettra pas, sans restrictions supplémentaires, d'éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la première vague. Ce rebond des hospitalisations serait lié à la progression du variant d'origine britannique, estimé 50% plus contagieux que la souche historique. Il devrait représenter la majorité (56%) des nouveaux cas dès le 1er mars et la quasi-totalité (91%) un mois plus tard, selon les modélisations des chercheurs.

Dans l'hypothèse où 100.000 doses de vaccins par jour seraient distribuées jusqu'en avril, puis 200.000 par la suite, "on s'attend à avoir 28% d'hospitalisations en moins au 1er avril, et 46% au 1er mai", par rapport à un scénario où on n'aurait pas de vaccin disponible, a expliqué à l'AFP Simon Cauchemez, responsable des modélisations mathématiques des maladies infectieuses à l'institut. "On voit que la vaccination" a un réel "impact sur le système de santé", observe-t-il. Mais même si elle "réussit très fortement à atténuer l'impact des variants", la situation restera "compliquée sans réduction supplémentaire des taux de transmission".

Si le calendrier de ce nouveau pic est difficile à prévoir, "dans la majorité des scénarios on s'attend à ce qu'il y ait une reprise". Le nombre de nouvelles hospitalisations pourrait frôler 4.500 par jour, contre environ 3.750 au pic de la première vague, et un peu plus de 2.500 pour la deuxième. Ces sept derniers jours, les hôpitaux français ont enregistré en moyenne 1.337 nouvelles hospitalisations quotidiennes, selon les chiffres de Santé publique France. 


Comment éviter ce rebond des hospitalisations ? "On a des approches qui marchent bien contre le virus historique, mais qui risquent d'être insuffisantes contre le variant britannique", estime Simon Cauchemez, évoquant notamment le couvre-feu, instauré d'abord à 20 heures en décembre avant d'être avancé à 18 heures sur tout le territoire national en janvier.

Si les chercheurs de l'Institut ne se prononce pas sur l'efficacité de telle ou telle mesure, ils soulignent qu'"atteindre des réductions importantes du taux de transmission permettrait d'écraser la dynamique de l'épidémie et d'avoir un redémarrage plus tard, à un moment où plus de monde sera vacciné".
 

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