Covid-19 : les vaccins à ARN messager "interchangeables" ? Olivier Véran l'envisage, l'OMS ne peut pas le recommander "à ce stade"

Covid-19 : les vaccins à ARN messager "interchangeables" ? Olivier Véran l'envisage, l'OMS ne peut pas le recommander "à ce stade"
Le ministre de la Santé, Olivier Véran.

publié le vendredi 09 avril 2021 à 17h41

Afin de simplifier la campagne de vaccination, le ministre de la Santé Olivier Véran envisage de rendre les vaccins à ARN messager "interchangeables" entre deux doses.

Les vaccins à ARN messager sont-ils "interchangeables" ? Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran a évoqué ce vendredi 9 avril cette possibilité afin de "simplifier" la campagne de vaccination contre la Covid-19, l'OMS a réitéré ce jour qu'elle ne pouvait, faute de "données adéquates", faire de recommandation sur un changement de vaccin anti-Covid entre deux doses.


Vendredi matin, la Haute autorité de santé (HAS) a confirmé que les moins de 55 ans vaccinés contre le Covid-19 avec une première dose d'AstraZeneca auront leur deuxième avec Pfizer ou Moderna.

"Simplifier" l'organisation de la vaccination

Souhaitant visiblement aller plus loin, Olivier Véran a indiqué avoir "saisi les scientifiques" de la question de l'interchangeabilité des vaccins à ARN messager, Pfizer et Moderna.

"On va voir, les scientifiques commencent à nous dire qu'ils sont interchangeables", a-t-il déclaré en échangeant avec des professionnels de santé lors d'une visite dans un grand centre de vaccination ouvert vendredi matin à Grenoble.

"Ils sont en train de nous dire que si l'on fait l'un ou l'autre en première ou deuxième injection, c'est la même mécanique", a poursuivi le ministre, arguant que cela "simplifierait" l'organisation de la vaccination.

"J'attends une réponse prochaine des autorités sanitaires" pour valider cela, "si ça ne présente pas de risques et que c'est l'efficacité qui est au rendez-vous".

Pas de recommandation de l'OMS

Pour l'OMS, "il n'y a pas de données adéquates pour dire si c'est quelque chose qui peut être fait". Les experts de l'organisation ont donc conclu "que l'interchangeabilité des vaccins n'est pas quelque chose qu'ils pouvaient recommander à ce stade", a déclaré Margaret Harris, porte-parole de l'OMS, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.

Elle a rappelé que c'était la position adoptée par le Groupe stratégique consultatif d'experts (SAGE) sur la vaccination en février au moment de la publication de ses recommandations sur le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca et avant des informations sur un lien possible entre ce sérum et des effets secondaires très rares.

Selon Olivier Véran, "il y a des fois où l'on suit l'OMS et où l'on nous reproche de la suivre, des fois où l'on ne la suit pas tout à fait et où l'on nous reproche de ne pas la suivre tout à fait...", a-t-il éludé.

"Des signes d'accalmie à un niveau élevé" de l'épidémie

En visite aux côtés du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, l'ancien député de l'Isère a par ailleurs indiqué que "la mortalité liée au Covid recule dans notre pays du fait de cette stratégie de vaccination".

"La pression hospitalière continue de monter et la pression des réanimations continuera encore à monter pendant au moins 15 jours, ça nous le savons", a ajouté le ministre, reconnaissant néanmoins "des signes d'accalmie à un niveau élevé" de l'épidémie.

Le centre de vaccination ouvert vendredi au centre de congrès Alpexpo, au sud de Grenoble, le plus important de ceux ouverts par la Région, permet la vaccination de 1.000 personnes par jour.

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