Covid-19 : les vacances à l'étranger, une source de contamination

Covid-19 : les vacances à l'étranger, une source de contamination
Comptoirs d'enregistrement dans un aéroport.

publié le dimanche 11 juillet 2021 à 09h45

Selon une étude d'épidémiologistes belges, la moitié des contaminations à la fin de l'été 2020 sur le Vieux-Continent sont dues aux vacanciers partis passer leurs congés dans le sud de l'Europe.

Faut-il éviter les voyages à l'étranger cet été pour se préserver d'une reprise épidémique à la rentrée ? Dans une étude publiée dans la revue Nature, relayée par le journal Le Monde, des épidémiologistes belges de l'université de Louvain et de l'Université libre de Bruxelles mettent en garde contre ces déplacements et appellent à prendre des précautions pour ne pas ramener le virus dans ses bagages.



En remontant le fil des contaminations au Covid-19 de l'été 2020, ils ont découvert que la moitié des contaminations de la rentrée de septembre venaient de voyageurs partis après le 15 juin passer leurs congés dans le sud de l'Europe. "Ce n'est pas une très bonne nouvelle.

Cela montre que, sur une période de temps relativement courte, un pays peut massivement réimporter des chaînes de transmission de l'étranger", a souligné dans Le Monde Simon Dellicour, coordinateur de cette étude qui a compilé les données géographiques de circulation en Europe (voyages aériens, Google, Facebook), les données génétiques sur les différentes souches de virus et la progression de l'épidémie dans une dizaine de pays européens pour construire une cartographie dans le temps et l'espace de la circulation des virus entre le 15 juin et le 15 août. 

"Nous avons été surpris par l'importance des importations", a indiqué le scientifique. Dans six des dix pays étudiés, plus de la moitié des chaînes de contaminations répertoriées proviennent d'"événements d'introduction uniques", c'est-à-dire d'entrées du virus via le système respiratoire des touristes. En Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou encore en Suisse, les chaînes de contaminations par importation représentent de 50% à 75% des chaînes répertoriées. En France, le chiffre est de "seulement" 25%. Selon l'épidémiologiste, cela s'explique notamment par le fait que beaucoup de Français sont restés dans l'Hexagone pour leurs vacances. Quant à l'Espagne et au Portugal, ils apparaissent plutôt comme des pays "exportateurs" du virus.

Autre enseignement de l'étude : plus la circulation du virus est faible dans un territoire, plus l'importation joue un rôle dans la reprise de l'épidémie. "Dans une forêt en feu, craquer des allumettes ne change pas grand-chose ; en revanche s'il ne reste que quelques foyers, ça peut contribuer au redémarrage de l'incendie", a expliqué en image Simon Dellicour dans Le Monde



Malgré l'arrivée des vaccin qui ont changé la donne, ces scientifiques appellent à la prudence pour cet été et à continuer d'appliquer les gestes barrière, d'autant que le variant Delta, très contagieux, circule sur le continent. "Ce n'est pas notre rôle de dire qu'il faut empêcher les gens de voyager en Europe pendant l'été. En revanche, il faut assurément des protocoles stricts pour que, si les gens voyagent, le virus n'en fasse pas autant", insiste Simon Dellicour.
 

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