Covid-19 : les sept ordres des professions de santé appellent les soignants à se faire vacciner, évoquant un "devoir déontologique"

Covid-19 : les sept ordres des professions de santé appellent les soignants à se faire vacciner, évoquant un "devoir déontologique"
Une femme se fait vacciner dans l'ouest de la France, le 2 mars 2021.

, publié le dimanche 07 mars 2021 à 13h40

Les soignants sont "les plus exposés au virus, tout en étant au contact des populations les plus fragiles", estiment les présidents des ordres de santé. 

"Seuls 40 % des personnels des Ehpad et 30 % des soignants en établissements hospitaliers et de ville ont reçu au moins une dose du vaccin (contre le Covid-19) à ce jour. C'est beaucoup trop peu", écrivent les présidents des ordres des médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes, masseurs kinésithérapeutes, pédicures-podologues et infirmiers.

Les sept ordres des professions de santé ont appelé "d'une seule voix l'ensemble des soignants à se faire vacciner".



Les soignants sont "les plus exposés au virus, tout en étant au contact des populations les plus fragiles", estiment les signataires de l'appel dans un communiqué rendu public dimanche 7 mars. Les soignants doivent se faire vacciner "parce que cela relève de leur devoir déontologique, protéger leurs patients en toutes circonstances, et parce qu'il est impératif qu'ils puissent eux-mêmes se protéger contre le virus, ainsi que leurs proches, et freiner la propagation de l'épidémie", poursuit le communiqué.


Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait déjà appelé les soignants, dans une lettre diffusée vendredi, à se faire vacciner "rapidement" au nom de la "sécurité collective". L'Ordre des médecins avait également souligné samedi que la vaccination contre le Covid-19 relevait d'"une exigence éthique" pour les soignants, appelés à un "devoir d'exemplarité".

"Il faut tout faire pour convaincre les jeunes soignants qui ne se sentent pas forcément en danger eux-mêmes, qu'ils se protègent et qu'ils protègent probablement leurs patients en se faisant vacciner", relève pour sa part l'immunologue Alain Fischer, le Monsieur "stratégie vaccinale" du gouvernement, dans un entretien au JDD. "Un tiers des soignants vaccinés, ce n'est pas tolérable", souligne-t-il. Présentant "l'obligation vaccinale" pour ces professionnels comme "un dernier recours", il estime qu'"il faut se laisser un peu de temps pour convaincre, mais pas trop".

"Se soigner, soigner les autres est un impératif professionnel et éthique", a déclaré de son côté dimanche sur Europe 1 la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin. Interrogée sur la possibilité d'obliger les soignants réticents à se faire vacciner, elle a indiqué "faire confiance aux agents" des établissements publics de santé, "à leur sens éthique et professionnel". "Je suis leur ministre, je fais confiance aux agents, ils connaissent leur responsabilité", a-t-elle estimé. Les soignants "voient bien que dans les pays qui ont utilisé le vaccin AstraZeneca, ça se passe bien", a-t-elle fait valoir.

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