Présidentielle 2022 : les meetings électoraux sont "une machine à clusters", s'alarme l'infectiologue Gilles Pialoux

Présidentielle 2022 : les meetings électoraux sont "une machine à clusters", s'alarme l'infectiologue Gilles Pialoux
Le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon, à Paris, Gilles Pialoux, le 8 octobre 2020.

publié le lundi 06 décembre 2021 à 09h31

Alors que le Conseil constitutionnel a acté que le pass sanitaire ne pouvait être exigé pour accéder à des réunions ou des activités politiques, le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon, à Paris, recommande que les partis politiques s'inspirent du concert-test organisé le 29 mai à Paris avec le groupe Indochine, à l'AccorHotels Arena.

Campagne présidentielle et Covid-19 ne font pas bon ménage. Face à la cinquième vague, certains candidats et partis sont tenus de revoir leur organisation.

"Compte tenu des conditions sanitaires", le président des Républicains Christian Jacob a notamment annoncé ce week-end que le premier meeting de la candidate Valérie Pécresse ne se tiendrait pas "en physique tel qu'il était prévu".



La candidate socialiste Anne Hidalgo a de son côté indiqué que le pass sanitaire serait demandé pour assister au meeting du 11 décembre à Perpignan. Avant d'être désignée candidate, Valérie Pécresse assurait également la semaine dernière qu'il n'était "pas question de faire de meeting sans pass sanitaire". Il "est illégal de demander un pass sanitaire pour un meeting politique", lui avait alors rétorqué sur Twitter le député La France insoumise Bastien Lachaud, responsable des événements de la campagne de Jean-Luc Mélenchon.



Le Conseil constitutionnel a en effet décidé en mai dernier que le pass ne pouvait pas être exigé pour accéder à des réunions ou des activités politiques, dans un souci de préservation de la vie démocratique. Une décision insensée pour l'infectiologue Gilles Pialoux. 

"Le virus se fout de la Constitution", a répondu lundi 6 décembre sur franceinfo le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon, à Paris, estimant que les meetings électoraux "sont une machine à clusters". "Il y a tout juste quelques images avec des gens masqués, mais vous voyez bien, au bout d'une demi-heure, les gens ont le masque sous le menton", a-t-il souligné, prenant comme exemple les meetings de Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour de dimanche. 


"On nous explique que ce n'est pas constitutionnel de demander le pass-sanitaire" à l'entrée d'un meeting. "J'ai compris. Mais que les gens puissent arriver en car, non vaccinés !", s'est-il indigné.

Le spécialiste recommande ainsi que les partis politiques s'inspirent du concert-test organisé le 29 mai à Paris avec le groupe Indochine, à l'AccorHotels Arena, avec test de dépistage en amont, le jour même et quelques jours après. ll n'y avait pas eu de "surrisque d'infection" au Covid-19, avait conclu alors une étude. Il propose de "faire des meetings électoraux avec une recherche" sur la contamination du virus "sur le base du volontariat. Mais là, c'est une machine à clusters", a-t-il répété.

"Il faut montrer l'exemple. Comment on peut être candidat à la plus haute marche du podium politique et ne pas montrer l'exemple ?", a-t-il insisté.




 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.