Covid-19 : les écoles, un "des lieux majeurs de la contamination", estime le professeur Flahault

Covid-19 : les écoles, un "des lieux majeurs de la contamination", estime le professeur Flahault
Une classe de CP à Vierzon, le 16 mars 2021.
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, publié le mercredi 31 mars 2021 à 12h00

"Il n'y a plus beaucoup de lieux de contamination chez les adultes", a souligné le scientifique qui préconise une fermeture des écoles et un confinement strict pour endiguer l'épidémie de coronavirus. 

Les écoles vont-elles être fermées ? A quelques heures de l'allocution d'Emmanuel Macron, au cours de laquelle il devrait annoncer un nouveau renforcement des restrictions face à l'épidémie de Covid-19, la question reste ouverte. De plus en plus de voix s'élèvent pour demander leur fermeture, à l'instar de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, ou du Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève.



Les écoles sont un "des lieux majeurs de la contamination" au Covid-19, a souligné le scientifique sur RTL mercredi 31 mars. "Il n'y a plus beaucoup de lieux de contamination chez les adultes", avec restaurants et bars fermés, le couvre-feu, le télétravail etc, a-t-il expliqué.

"Certes, il y a encore les cantines d'entreprise, mais les écoles représentent certainement un des lieux majeurs de la contamination aujourd'hui qui peut amener à avoir plus de 40.000 personnes chaque jour contaminées en France", a-t-il poursuivi.

Selon le Pr Flahault, "pour toutes les maladies virales respiratoires", les enfants "jouent un rôle très important". "Il y a beaucoup de promiscuité, ils sont dans des salles pas très ventilées, les gestes barrière sont plus compliqués pour eux à mettre en œuvre", a-t-il détaillé. Dans le cas de la grippe, "la moitié des contaminations se passe avant l'âge de 18 ans", a-t-il précisé. 

Amené à juger la situation épidémique globale en France, le spécialiste a lancé : "Avec un niveau si élevé, on arrive à une sorte de point de non-retour". Le Pr Flahault préconise donc une fermeture des écoles et un confinement de "l'ensemble du pays de façon assez stricte". "Ça refonctionnerait", a-t-il projeté, "ce serait la mesure la plus efficace pour aller le plus rapidement possible vers la décrue".

La maire de Paris Anne Hidalgo a demandé mercredi la fermeture des écoles dans la capitale, au vu de la situation sanitaire "très grave" et de la "désorganisation très grande" dans les établissements. "Il y a besoin de prendre une mesure qui freine", a-t-elle estimé sur BFMTV et RMC. Selon elle, "environ 20.000 élèves" n'étaient aujourd'hui "pas en classe soit parce qu'ils sont malades, soit parce que les classes sont fermées", l'exécutif ayant décidé la semaine dernière qu'un seul cas de Covid dans une classe dans les écoles, collèges et lycées entraîne sa fermeture, contre trois cas auparavant.

Le taux d'incidence du Covid-19 chez les 15-19 ans est de 850 pour 100.000 à Paris, a-t-elle aussi précisé, en rappelant que la situation est "très grave" en Île-de-France, avec "1.500 personnes en réanimation" à l'hôpital. A l'échelle nationale, la barre des 5.000 patients "en soins critiques", soit les cas les plus graves, a été dépassée mardi, selon les chiffres quotidiens de Santé publique France. Ce nombre de malades en réanimation est depuis le début de semaine supérieur au pic de la deuxième vague, enregistré mi-novembre.

Le patron des députés LR Damien Abad a également souhaité mercredi sur BFMTV qu'Emmanuel Macron annonce "un confinement territorialisé, utile", en "vaccinant au maximum les Français", et "avec une fermeture des écoles", en allongeant les vacances scolaires, ce qui aurait des "conséquences moindres sur les niveaux de scolarité".

"Un tour de vis devient inéluctable faute d'avoir anticipé", en particulier dans les écoles où "le virus circule", a aussi fait valoir le patron d'EELV Julien Bayou sur RMC. "Il faut anticiper les vacances, garder les classes pour les enfants des soignants, de celles et ceux qui sont en première et en deuxième lignes", et "profiter du temps des vacances pour vacciner les enseignantes et les enseignants pour qu'à la rentrée, on ait un personnel qui soit protégé". 

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen souhaite pour sa part "refermer" les écoles, ou "avancer les vacances" pour "créer une sorte de vide sanitaire".
 

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