Covid-19 : les dépressions se multiplient

Covid-19 : les dépressions se multiplient
(illustration)
A lire aussi

, publié le lundi 16 novembre 2020 à 10h25

Huit mois après l'entrée en vigueur des premiers confinements en Europe, les dégâts de la lutte anti-Covid se font ressentir sur le moral des populations.

"On ne peut pas s'arrêter de vivre". L'infectiologue Eric Caumes s'est inquiété d'une "augmentation vertigineuse du taux de dépression", en France, dans le sillage de pandémie de Covid-19.

Les mesures de restrictions de libertés, ainsi que l'incertitude causée par la crise sanitaire affectent le moral des Français.

"Le taux de dépression est en train d'augmenter de manière vertigineuse dans la population générale, il est passé de 10% fin septembre à 21% début novembre. Il a doublé en six semaines", rapporte l'infectiologue, chef du service des maladies infectieuses, à l'antenne de BFM-TV, dimanche 15 novembre.

Une étude de l'Institut danois de recherche sur le bonheur a pointé l'effet exponentiel de la pandémie sur l'augmentation des cas d'anxiété. "Avec l'augmentation des cas de coronavirus, les personnes interrogées se sont senties plus anxieuses, ennuyées, et moins fières, heureuses et détendues. L'impact sur l'anxiété a été plus prononcé", selon cette étude intitulée "le bien-être à l'âge du Covid-19". La solitude liée au confinement et les mesures de distanciation sociale ont eu les effets les plus dramatiques sur le bien-être lors des premiers mois de la pandémie.

Ces effets semblent toucher davantage les jeunes, puisque 32% des personnes âgées de 18 à 24 ans ont déclaré se sentir très seuls, tandis que seuls 16% des plus de 64 ans ont fait état du même sentiment. Sans surprise, les personnes sans emploi ou sans partenaire sont aussi celles qui se sentent les plus seules, selon les chercheurs. Par ailleurs, la préoccupation la plus courante des personnes interrogées reste la crise économique liée à la situation sanitaire, que 62% d'entre elles ont citée. La crainte de perdre un proche à cause du virus est moins fréquente (43% des personnes interrogées) mais cette préoccupation affecte davantage le niveau de bonheur des personnes interrogées.

"Plus récemment, une part moins importante mais croissante de l'attention a été accordée aux coûts de la pandémie en termes de bien-être", souligne l'institut dans son rapport. En octobre, l'Organisation mondiale de la santé avait averti que la pandémie avait un "impact dévastateur" sur la santé mentale à l'échelle mondiale.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.