Covid-19 : les collèges demandent la mise en place d'un protocole sanitaire renforcé et appellent à la grève

Covid-19 : les collèges demandent la mise en place d'un protocole sanitaire renforcé et appellent à la grève
Elèves masqués dans un collège de Rennes.

, publié le lundi 09 novembre 2020 à 10h05

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'y refuse, estimant que dans les collèges, les règles de distanciation sont plus faciles à respecter et que les élèves sont "plus jeunes" et posent "moins de problèmes de contamination".

Face à l'aggravation de l'épidémie de Covid-19 et à une grogne naissante dans les établissements scolaires, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé la semaine dernière un renforcement du protocole sanitaire dans les lycées. Certains demandent le même traitement pour les collèges. Un appel intersyndical à la "grève sanitaire" dans le premier et le second degré a été lancé pour mardi 10 novembre.



Afin de limiter les risques de contagion, les lycées doivent désormais s'organiser pour autoriser davantage de cours à distance, à condition de conserver au moins 50% d'enseignement en présentiel pour chaque élève. Un casse-tête pour les proviseurs concernés. A ce stade, le ministère n'a pas imposé de date de mise en place et a évoqué jeudi une "instruction ministérielle" qui sera très prochainement adressée aux chefs d'établissement "pour préciser ce cadrage national".

"En fin de compte, un mix présentiel-distanciel est toujours plus compliqué à mettre en place qu'un tout à distance", assure Florence Delannoy, membre du SNPDEN (syndicat des chefs d'établissement) et proviseure d'un lycée dans le Nord. "Comme mon établissement abrite un internat, je vais faire le choix d'une partie des élèves en début de semaine et l'autre en fin de semaine, on fait le maximum pour trouver la meilleure formule", explique-t-elle. 

Après l'annonce de ce protocole resserré dans les lycées, certains ont demandé le même traitement pour les collèges. Jean-Michel Blanquer l'a balayé d'un revers de main, estimant que dans les collèges, il est "plus facile" de maintenir les élèves dans une seule classe, car ils n'ont pas d'enseignements de spécialité. Les élèves sont également "plus jeunes" et posent selon lui "moins de problèmes de contamination", et la densité des collèges est "en général moins forte" que celle des lycées.

"Pour les lycées, les demi-groupes ont été obtenus mais pas dans les collèges, on ne comprend pas l'attitude du ministre de l'Education. On sait très bien que si on laisse les adolescents en contact, ça va être la fermeture des établissements car le virus circule énormément", a déploré Valérie Tcheou Diot, enseignante de SVT sur deux collèges au Kremlin Bicêtre et à Villejuif dans le Val-de-Marne, lors d'une manifestation devant le rectorat de Créteil vendredi. 


Un avis que partagent plusieurs syndicats, qui ont maintenu l'appel à la "grève sanitaire" dans le premier et le second degré pour mardi 10 novembre. Ainsi, pour le syndicat Snes-FSU, à l'initiative de l'appel, "les annonces du ministre constituent donc un premier point d'appui" mais ne suffisent pas. "Le compte n'y est pas ! La grève du 10 reste plus que jamais d'actualité !", estime de son côté la CGT-Education.

 

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