Covid-19 : les autotests, mode d'emploi

Covid-19 : les autotests, mode d'emploi
Photo d'illustration.
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, publié le dimanche 28 mars 2021 à 07h00

La Haute autorité de santé (HAS) a récemment autorisé les tests à domicile. Mais ils ne seront finalement pas vendus en grandes surfaces.

Ce que l'on sait sur ces dispositifs en 10 questions.  

Ces outils vont aider à renforcer le suivi de l'épidémie, mais ne sauraient se substituer aux tests PCR effectués par des professionnels. Les partisans des autotests y voient un moyen d'améliorer le suivi de l'épidémie car il faut parfois plusieurs jours pour obtenir le résultat d'un test PCR. 

1. Qui peut faire un autotest ? 

Ces autotests antigéniques peuvent être utilisés par des gens asymptomatiques de plus de 15 ans dans le cadre d'une utilisation restreinte à la sphère privée (par exemple, avant une rencontre avec des proches...). L'autotest rapide sur prélèvement nasal "devra idéalement être réalisé le jour même ou à défaut la veille de la rencontre", selon la HAS. "Il n'y a pas de données d'efficacité chez les moins de 15 ans", explique le Dr Mathieu Carbonneil, de la Haute autorité. 

2. Comment cela fonctionne-t-il ? 

Les tests à domicile se présentent sous la forme d'une sorte de coton-tige. On le passe dans son nez, on le place dans un tube rempli d'une solution et, si le test est positif, une bande colorée apparaît. Le résultat est rapide, moins d'une demi-heure.




Le principe de base est le même que pour les tests "antigéniques", jusqu'à présent effectués en pharmacie. Mais pour les autotests, il n'est pas nécessaire de fouiller aussi loin au fond de son nez. Les autorités sanitaires estiment qu'un test doit aller au moins à 3 centimètres pour être efficace, bien que certains fabricants assurent qu'il n'y a qu'à rester à la surface des narines. 

Comme l'ensemble des tests antigéniques, ils se distinguent, par ailleurs, des PCR. Bien plus précis, ces derniers sont réalisés par des professionnels en laboratoire et servent de base au suivi de l'épidémie. 

3. Quand pourra-t-en en acheter ? 

Il n'y a pas encore de date annoncée, c'est le gouvernement qui tranchera. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a seulement indiqué la semaine dernière que "ce sera assez facile d'accès". 

D'autres pays autorisent déjà les autotests, comme les Etats-Unis, depuis fin 2020. En Europe, c'est notamment le cas de l'Allemagne, de l'Autriche, du Portugal et de la Suisse. 

4. Où se les procurer ? 

Jérôme Salomon avait annoncé qu'ils seraient vendus dans les pharmacies, mais aussi en supermarchés. Dans la foulée, Carrefour a commandé un million de tests. Mais la Direction générale de la Santé a fait marche arrière. "Leur vente en dehors des pharmacies n'est pas autorisée", a-t-elle indiqué au Parisien le 24 mars. 

L'usage du test serait trop difficile. "Il faut aller jusqu'à 4 cm dans le nez, on ne peut être sûr que les gens le feront bien, certains pourraient même se blesser", justifie dans Gilles Bonnefond, le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, dans Le Parisien. Le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà déclaré au quotidien : "J'ai essayé, et ce n'est pas aussi simple qu'on l'imagine." 

5. A quel prix ? 

Un autotest est en général vendu quelques euros dans les pays voisins de la France. 

6. Seront-ils remboursés ? 

La HAS ne s'est pas encore prononcée quant à un remboursement par la Sécurité sociale.

7. Qui les fabrique ? 

Une grosse dizaine de fabricants, dont la moitié chinois, ont vu leurs autotests homologués en Allemagne. De grands noms des tests diagnostics devraient être sur les rangs, dont le suisse Roche, l'américain Abbott et le Français Eurofins.

En revanche, l'un des principaux acteurs français du secteur, bioMérieux, l'a exclu : "notre objectif demeure de travailler avec des hôpitaux et des laboratoires d'analyses", a déclaré Alexandre Mérieux, son PDG, à La Tribune.

8. Y a-t-il un risque de pénurie ? 

En Allemagne, les supermarchés ont été dévalisés dès le premier week-end d'autorisation, suscitant quelques critiques politiques. 

9. Sont-ils fiables ? 

C'est le gros bémol. "Leur déploiement n'est pertinent que s'ils répondent à des critères minimaux d'exigences, afin de ne pas rassurer à tort des personnes qui seraient porteuses du virus", prévient la HAS dans son avis. L'autorité se garde de donner pour l'heure un ordre de grandeur.

Chez les tests antigéniques effectués par des professionnels, la sensibilité est déjà limitée pour les personnes sans symptômes : seulement 50% à 60%. Or, il n'est même pas sûr qu'il en aille de même pour les tests à domicile, alors que c'est bien pour les asymptomatiques qu'ils sont recommandés. 

La HAS "souligne que le suivi des performances de ces tests dans les conditions réelles d'utilisation est essentiel", et va poursuivre son évaluation.

Tout autotest antigénique positif doit donc faire l'objet d'une confirmation par test RT-PCR, qui permettra en outre de caractériser le variant en présence, insiste la HAS. 

10. Les résultats sont-ils pris en compte dans les chiffres officiels ? 

Non, c'est l'autre limite évoquée par Jérôme Salomon. Les autotests ne permettent pas aux autorités de suivre l'épidémie, contrairement aux tests par des professionnels qui font ensuite remonter les résultats. En fin de compte, ces tests sont "un outil de plus", conclut-il, estimant qu'ils permettent surtout "de se rassurer", par exemple avant de voir des proches.

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