Covid-19 : le variant anglais représente près de 10% des cas en Île-de-France

Covid-19 : le variant anglais représente près de 10% des cas en Île-de-France
(illustration)

, publié le mardi 26 janvier 2021 à 21h15

"Si on ne fait rien, on aura une vague qui risque d'entraîner un débordement de nos hôpitaux", alertent des médecins.

C'est le variant qui a submergé le système de santé britannique... Et qui pourrait submerger les hôpitaux français.

Le variant anglais du Covid-19 représente près de 10% des cas dépistés en Île-de-France depuis deux semaines, ont indiqué mardi 26 janvier des médecins de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ils craignent une prochaine hausse "très significative" du nombre de malades.

L'analyse de 1.080 tests PCR positifs, réalisés entre le 11 et le 21 janvier dans huit sites de dépistage franciliens, a conclu que 9,4% correspondent au variant anglais, a précisé la Pr Anne-Geneviève Marcelin, virologue à la Pitié-Salpêtrière, lors d'une conférence de presse. "Ces résultats sont à prendre avec précaution" mais confirment "une tendance à l'augmentation de ce variant", a-t-elle ajouté.


Un taux de 1 à 2% au niveau national avait été constaté après une première "enquête flash" nationale sur plus de 10.000 PCR positives les 7 et 8 janvier. Une deuxième doit débuter mercredi. L'étude "intermédiaire" menée en Île-de-France "correspond assez bien aux modélisations qui ont été faites par l'Institut Pasteur", a souligné Anne-Geneviève Marcelin, rappelant que l'organisme tablait sur une fourchette de 2 à 12% début février, puis 12 à 64% début mars.

"On est à un point d'inflexion", a constaté le Pr Frédéric Batteux, chef du service d'immunologie de l'hôpital Cochin, observant que le taux de reproduction du Covid-19 "est passé au dessus de 1,2" et continue de monter. Avec une souche anglaise "de 40 à 60% plus contagieuse", il a dit s'attendre à "une augmentation très significative quand ce variant prendra le dessus".

Aux Hôpitaux de Paris, les indicateurs liés au Covid sont déjà tous au rouge : les appels au Samu, les passages aux urgences et les consultations de SOS Médecins ont toutes bondi de plus de 30% depuis le début de l'année, a-t-il précisé. En trois semaines, le rythme quotidien des hospitalisations est passé de 50 à 70 par jour, et les entrées en réanimation de 15 à 25.

"La situation est inquiétante" et "ressemble beaucoup à une exponentielle", a insisté le Pr Bruno Riou, directeur médical de crise de l'AP-HP, favorable à une "décision la plus rapide possible" en vue de "mesures nouvelles, plus drastiques" que le couvre-feu. "Si on ne fait rien, on aura une vague qui risque d'entraîner un débordement de nos hôpitaux", a-t-il mis en garde.

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