Covid-19 : le vaccin russe Spoutnik V ne sera pas autorisé "avant la fin du mois de juin" en Europe

Covid-19 : le vaccin russe Spoutnik V ne sera pas autorisé "avant la fin du mois de juin" en Europe©JEFF PACHOUD / AFP

, publié le jeudi 01 avril 2021 à 16h50

C'est le temps qu'il faut aux autorités sanitaires européennes pour rendre leur avis sur le vaccin, a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes.

Alors que certaines voix s'élèvent en France et en Europe pour demander le recours au vaccin russe Spoutnik V afin d'accélérer la campagne de vaccination, ce sérum ne pourra pas être autorisé au sein de l'Union européenne "avant la fin du mois de juin", a prévenu jeudi 1er avril le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune.



"Il y a une première étape d'examen (du dossier de validation) qu'on appelle revue scientifique qui sans doute, nous dit-on, s'écoulera au moins jusqu'à la mi-juin", a déclaré Clément Beaune devant la Commission des Affaires européennes du Sénat. "Et ensuite il y a une dernière étape qui est l'avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA) sur l'autorisation de mise sur le marché, qui prend encore quelques semaines.

Donc ce n'est pas un vaccin qui est autorisable vraisemblablement avant la fin du mois de juin", a-t-il ajouté. A ce moment-là, l'UE devrait avoir "beaucoup plus de doses de vaccins disponibles (d'autres laboratoires, ndlr) donc le besoin sera beaucoup moins criant", a-t-il relevé au passage.

Clément Beaune a également pointé les capacités de production limitées du vaccin russe et reproché à Moscou, après d'autres responsables français et européens, d'utiliser Spoutnik comme une arme de propagande sur la scène internationale. "Il y a des actes géopolitiques ou des coups de com' qui sont utilisés par nos amis russes pour montrer à quel point ils sont présents dans l'Union européenne", a-t-il relevé. "Ne soyons pas naïfs, (ils ont) une stratégie de division dans l'UE qui pour l'instant n'a pas fonctionné, tant mieux, au-delà de quelques coups de canif", s'est-il félicité.

Parmi les 27 Etats-membres de l'UE, seules la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont pour l'heure décidé de recourir au vaccin russe sans attendre sa validation par l'autorité européenne du médicament. En Slovaquie, cette décision a conduit à la démission mardi du Premier ministre Igor Matovic, critiqué jusqu'au sein de son gouvernement. 

D'autres comme l'Allemagne se disent prêts à utiliser le vaccin Spoutnik V afin de combattre la pandémie, à condition qu'il soit approuvé par l'Agence européenne des médicaments (EMA). "On n'exclut aucune solution, aucune piste mais n'ayons pas d'illusion en tête sur des vaccins russe ou chinois", a martelé Clément Beaune.

Début février, Emmanuel Macron avait indiqué que ce vaccin ne pourrait pas être distribué en France "tant que le producteur russe n'a pas soumis une autorisation de mise sur le marché". "A la mesure où il le déposera, les autorités le regarderont de manière scientifique et indépendante", avait-il ajouté. "Si Spoutnik est validé, homologué par l'Agence européenne du médicament et en France par la Haute autorité de santé, il n'y a aucun blocage pour qu'il soit diffusé, s'il correspond aux normes scientifiques et aux exigences de robustesse et de contrôle qui s'imposent en Europe", avait renchéri le lendemain le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.