Covid-19 : le protocole sanitaire renforcé au lycée et le nouveau bac adapté

Covid-19 : le protocole sanitaire renforcé au lycée et le nouveau bac adapté
un lycée de Carquefou le 2 novembre 2020.

, publié le jeudi 05 novembre 2020 à 21h25

Alors que certains lycéens et enseignants dénoncent les conditions sanitaires dans les établissements, le ministre de l'Education nationale plaide jeudi pour davantage de cours à distance. 




Alors que les premiers syndicats du secondaire et du primaire appellent à une "grève sanitaire" le 10 novembre pour dénoncer un protocole sanitaire qu'ils jugent insuffisant pour freiner l'épidémie de Covid-19 et que les lycéens ont organisé plusieurs blocages cette semaine, Jean-Michel Blanquer a fait jeudi soir 5 novembre plusieurs annonces.  Les mesures en place depuis la rentrée "sont à l'évidence plus difficiles à appliquer au lycée, où les déplacements des élèves sont plus nombreux et plus fréquents, et l'organisation de la restauration scolaire plus complexe", reconnaît le ministre dans un courrier transmis aux chefs d'établissement, après avoir consulté les organisations syndicales. 

Le protocole sanitaire va être renforcé dans les lycées, et des aménagements d'emploi du temps vont être rendus possibles. "Il importe que chaque élève soit présent en cours au moins la moitié du temps scolaire", écrit-il aux chefs d'établissement et professeurs dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie. Mais chaque établissement peut s'organiser comme il le souhaite en privilégiant "l'accueil en demi-groupes",  "l'accueil par niveau" ou "le travail à distance un ou deux jours par semaine", ajoute-t-il.

"La cohérence des organisations s'impose : tous les élèves d'un même niveau doivent adopter les mêmes modalités d'enseignements. Les modalités d'organisation sont laissées à votre appréciation : l'accueil en demi-groupes; l'accueil par niveau dont les possibilités vous seront prochainement détaillées; le travail à distance un ou deux jours par semaine", écrit aussi le ministre

M. Blanquer demande qu'une "attention particulière soit apportée aux lycées professionnels pour lesquels la mise en œuvre de l'enseignement à distance est rendue plus complexe".

Les épreuves d'évaluation communes de Première et Terminale, qui sont prévues dans la nouvelle formule du bac entrant en vigueur cette année, sont par ailleurs annulées au profit du contrôle continu. Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n'est pas poursuivie en Terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale. 

Les épreuves terminales sur les enseignement de spécialité, prévues en mars prochain, seront, elles, maintenues mais leurs modalités "adaptées" pour tenir compte du contexte : toutes les disciplines concernées proposeront deux sujets ou des exercices au choix afin de couvrir l'ensemble des thématiques étudiées.

Appel à la "grève sanitaire" maintenu

A ce stade, le ministère ne donne pas de date d'application des mesures mais indique qu'une "instruction ministérielle sera très prochainement adressée aux chefs d'établissement pour préciser ce cadrage national".

Philippe Vincent, du SNPDEN, le premier syndicat des chefs d'établissement, s'est dit "satisfait car il va enfin y avoir un cadre national". "On sait que les plans de continuité pédagogique vont aller jusqu'à Noël et par ailleurs, chaque établissement va s'organiser comme il le souhaite", a-t-il indiqué. Selon M. Vincent, "de nombreux recteurs et chefs d'établissements vont faire en sorte de mettre en place une alternance de cours de courte durée, en divisant la semaine en deux. Car plus on voit les élèves souvent, moins il y a de risque de décrochage", a-t-il assuré.

Pour Sophie Vénétitay du Snes-FSU (premier syndicat du secondaire), "dire qu'on préserve 50% de cours en présentiel ne nous donne pas précisément le nombre d'élèves que l'on peut accueillir en même temps dans une même classe alors que c'est la clé pour la limitation du brassage dans les établissements", a-t-elle dénoncé. 

Malgré ce protocole renforcé, le Snes-FSU et le Snalc affirment qu'une intersyndicale a maintenu jeudi soir l'appel à la "grève sanitaire" pour le 10 novembre dans le premier et le second degré.
 

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