Covid-19 : le professeur Arnaud Fontanet s'attend "à un redémarrage de l'épidémie à l'automne"

Covid-19 : le professeur Arnaud Fontanet s'attend "à un redémarrage de l'épidémie à l'automne"
Le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, en novembre 2020.

publié le mardi 21 septembre 2021 à 22h25

Alors que le gouvernement réfléchit à un assouplissement du pass sanitaire dans les départements où le virus circule le moins, le professeur, membre du Conseil scientifique, estime qu'"il faudra être prêt à le réinstaurer à la moindre alerte".

"Nous ne sommes pas tirés d'affaire." Si, face à une situation épidémique qui continue à s'améliorer en France, l'exécutif envisage d'assouplir les restrictions localement, notamment l'utilisation du pass sanitaire, le professeur Arnaud Fontant a mis en garde mardi 21 septembre dans un entretien au Parisien / Aujourd'hui en France contre une possible reprise de l'épidémie de Covid-19 à l'automne.



"Aujourd'hui, tous les indicateurs s'améliorent de façon indéniable", a expliqué l'épidémiologiste. "On avait observé la même accalmie fin septembre 2020, avant un coup de froid qui avait déclenché la deuxième vague en France et dans les pays voisins. On s'attend donc à un redémarrage de l'épidémie à l'automne. D'abord, parce que les conditions climatiques s'y prêteront mais aussi parce qu'il reste un réservoir de non vaccinés assez nombreux pour occasionner une poussée épidémique et mettre en tension l'hôpital", a-t-il poursuivi avant d'ajouter : "La question, c'est quand ?"

Selon le professeur à l'Institut Pasteur, "si on supprime le pass sanitaire dans certains départements, il faut que la règle soit claire pour tout le monde. Les Français doivent avoir à l'esprit qu'il peut être réinstauré aussi vite qu'il a été levé". "À la moindre alerte, il faudra serrer la vis et le plus tôt possible", a-t-il insisté.



En cas de nouvelle vague, le professeur Fontanet estime qu'il ne sera pas forcément nécessaire de prendre des restrictions supplémentaires mais qu'"il faudra plutôt ajuster les mesures actuelles" : "recourir au pass sanitaire, au port du masque en milieu clos, accepter moins de sollicitations, maintenir le tester-alerter-protéger, un peu de télétravail quand c'est possible et plus de dépistage en milieu scolaire".

"Avant lorsqu'une vague déferlait, on savait qu'on allait se la prendre en pleine figure. Désormais, la vaccination fait office de bouclier. Elle nous permet d'éviter des décisions plus drastiques comme des couvre-feux", a-t-il expliqué dans Le Parisien / Aujourd'hui en France

Selon les chiffres publiés mardi par Santé publique France, la situation sanitaire continue de s'améliorer dans le pays. L'agence de santé publique fait état de 8.594 personnes hospitalisées, soit 251 de moins que la veille. L'indicateur a chuté de près d'un quart depuis début septembre. Dans les services de soins critiques qui traitent les cas les plus graves, avec 1.744 patients, la baisse approche également un quart sur la même période. Le taux de positivité des tests, lui, est descendu à 1,4% (-0,1 point par rapport à la veille), son plus bas niveau depuis le 15 juillet. Le nombre de cas détectés en 24 heures, à 7.851, est le plus faible pour un mardi depuis mi-juillet.

Par ailleurs, plus de 50,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection soit près des trois quart de la population, et plus de 47,5 millions de personnes ont un schéma vaccinal complet, soit plus de 7 Français sur 10.
 

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