Covid-19 : le "monsieur Vaccin" de l'exécutif veut un rappel pour les seniors

Covid-19 : le "monsieur Vaccin" de l'exécutif veut un rappel pour les seniors ©Panoramic (photo d'illustration)

publié le vendredi 20 août 2021 à 18h20

Alors que la campagne de vaccination se poursuit en France, avec plus de 60% des Français totalement vaccinés, la question de la troisième dose est déjà sur la table. Alain Fischer, "monsieur Vaccin" de l'exécutif, plaide en ce sens, notamment pour les personnes âgées et fragiles, rapporte l'Express, vendredi 20 août.

 

À ce jour, selon Covid Tracker, 47 millions de Français ont au moins reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19 (70% environ de la population) et 40 millions ont un schéma vaccinal complet (60%). Mais alors que l'exécutif souhaite atteindre l'objectif des 50 millions de vaccinés fin août, le débat sur la troisième dose, aussi appelée le rappel, est déjà dans toutes les têtes. Si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) veut en priorité favoriser l'accès au vaccin dans les pays pauvres, le professeur Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV), surnommé le "monsieur Vaccin" du gouvernement, recommande que ce rappel puisse intervenir rapidement pour les seniors, selon les informations de l'Express, vendredi 20 août. 



Coupler le rappel avec le vaccin antigrippal ? 

Sur ces points, Alain Fischer a détaillé son idée dans les colonnes de l'Express : grouper cette troisième dose avec le vaccin contre la grippe. Le média rappelle que la campagne antigrippale débute à l'automne, le 23 octobre. "Le conseil d'orientation défend l'idée de coupler ce rappel anti-Covid avec le vaccin contre la grippe, pour les publics qui sont habituellement éligibles à la vaccination antigrippale. Car ils sont assez identiques à ceux pour lesquels un rappel anti-Covid paraît pertinent : les plus de 65 ans, les personnes avec des comorbidités et les femmes enceintes", a défendu le professeur.  

Une population moins immunisée  

Plus pratique, plus rapide et plus simple. Mais aussi pour répondre à un double problème sanitaire. D'abord, écrit l'Express, l'efficacité du vaccin contre le Covid-19 baisserait après plusieurs mois, même s'il reste vital pour empêcher le développement des formes graves. Les taux d'anticorps des personnes âgées s'en retrouvent diminués et avec l'explosion toujours drastique du variant Delta, la prudence est de mise. D'autre part, les professionnels de santé craignent un rebond des virus grippaux. La population est moins immunisée, puisqu'en 2020 et en début d'année, il y a eu moins de contacts qu'à l'accoutumée, avec des mesures de confinement, de couvre-feu et de télétravail.  

"C'est le scénario qui me paraît le plus adapté, d'un point de vue organisationnel, même si tout ceci nécessite d'aller un peu plus loin dans l'analyse avant [de prendre une] décision", précise Alain Fischer, pour qui "les données incitent à aller de l'avant" pour "les tranches d'âge inférieures". En outre, la généralisation de cette troisième dose à toute la population n'est pas encore d'actualité. 

En réalité, l'hypothèse d'une vaccination des séniors a déjà été avancée par le président de la République, lors de son allocution, le 12 juillet dernier. Emmanuel Macron a évoqué une campagne de rappel dès la rentrée pour les personnes les plus fragiles et les plus âgées, à savoir les plus de 80 ans et les malades. Mais la situation demeure floue et il reste encore à définir précisément quels seraient les publics concernés et à partir de quand. Les discussions sont en cours, et l'hebdomadaire évoque également l'âge potentiel de 75 ans. Un conseil de défense sanitaire, piloté par le chef de l'Etat la semaine prochaine, pourrait permettre de trancher. La question des professionnels de santé doit aussi être réglée.  

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