Covid-19 : le gouvernement souhaite tester "300.000 enfants par semaine" dans les écoles grâce aux nouveaux tests salivaires

Covid-19 : le gouvernement souhaite tester "300.000 enfants par semaine" dans les écoles grâce aux nouveaux tests salivaires
Des tests salivaires ont été réalisés dans une école primaire de la banlieue de Bordeaux, le 25 février 2021.

, publié le vendredi 26 février 2021 à 15h20

Les syndicats se montrent dubitatifs et déplorent un manque d'organisation et d'anticipation.

"Entre 50.000 et 80.000" tests réalisés dès cette semaine et un objectif de "300.000 enfants" testés par semaine. Le gouvernement a commencé à déployer lundi 22 février les tests salivaires dans les écoles.

Objectif : casser les chaînes de contamination du Covid-19 en milieu scolaire. 



La Haute autorité de santé (HAS) a donné le 11 février son feu vert à ces tests pour les personnes sans symptôme. Le gouvernement a décidé de les déployer en priorité dans les écoles maternelles et élémentaires. Ces tests ont en effet l'avantage d'être moins désagréables que les PCR "classiques" qui nécessitent l'introduction d'un écouvillon dans le nez : seule la salive est récupérée, par un crachat dans un flacon ou, chez les plus petits, via une pipette sous la langue.

Ces tests, qui sont organisés de façon aléatoire et répété, notamment dans les zones où le virus circule beaucoup, doivent permettre de renforcer la politique de dépistage du Covid-19. Ils sont réalisés sur la base du volontariat et une autorisation parentale est nécessaire. Le laboratoire qui analyse les échantillons communique ensuite les résultats sous 24 heures aux représentants légaux des élèves, qui devront informer les chefs d'établissement en cas de test positif, et aux médecins conseillers départementaux de l'Education nationale. Les variants du virus seront systématiquement recherchés sur les tests positifs.

Selon le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, "entre 50.000 et 80.000" tests devaient être réalisés dès cette semaine. Dans les cinq départements de l'ex-Aquitaine, près de 2.500 tests salivaires sont ainsi prévus en deux jours sur quinze établissements scolaires. On doit pouvoir "tester rapidement 300.000 enfants par semaine", a de son côté indiqué le Premier ministre Jean Castex jeudi soir.


Ces chiffres laissent les syndicats dubitatifs. "Nous sommes favorables à ces tests mais rien ne semble avoir été anticipé pour leur mise en oeuvre sur le terrain", fustige Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. De nombreuses questions restent pour le moment sans réponses, selon elle. Comment vont-ils été effectués ? Par qui ? Le ministère de l'Education explique qu'un personnel de laboratoire sera obligatoirement présent lors de la première opération de prélèvement. 

"Dans certains départements, les équipes enseignantes seraient mises à contribution après une 'formation' expresse délivrée par un personnel de laboratoire", affirme le Snuipp-FSU, dénonçant un "énième bricolage". "Nous ne savons pas ce qui va peser sur nos épaules, nous sommes dans le flou", s'inquiète aussi Saphia Guereschi, secrétaire générale du SNICS-FSU, le syndicat majoritaire des infirmières de l'Education nationale. Les 7.400 infirmières scolaires, qui sont affectées sur 62.000 sites scolaires, peinent déjà à remplir leurs missions habituelles, rappelle-t-elle. "Nous avons proposé que les parents qui disposent d'un diplôme de secouriste puissent aider à faire passer ces tests. Aucune réponse du ministère", déplore de son côté Rodrigo Arenas, coprésident de la principale fédération de parents d'élèves, la FCPE.


A Paris, la mairie qui s'inquiète d'une explosion des chiffres à la rentrée des vacances scolaires lundi, veut définir avec le rectorat "la stratégie la plus efficace" pour organiser jusqu'au mois de juin des tests salivaires réguliers dans ses 600 écoles. Elle compte notamment demander à l'Agence régionale de santé (ARS) et à l'Education nationale de financer le recrutement de "médiateurs de santé", des étudiants qui seraient formés aux prélèvements salivaires, à "la prévention et à la réduction des risques".

Les tests salivaires se veulent complémentaires des tests antigéniques qui continuent à être déployés dans les collèges et les lycées. Or "le ministère ne semble pas avoir tiré les leçons de l'échec de la campagne des tests antigéniques", regrette Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. "Il n'y a eu aucune pédagogie autour de ces tests, une absence de mobilisation générale des acteurs de la santé", ajoute-t-elle, redoutant le même scénario avec les tests salivaires.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait annoncé l'objectif ambitieux de tester jusqu'à un million d'élèves et personnels par mois. Quelque "200.000 tests" antigéniques auraient en fait été réalisés, selon le dernier décompte du ministère de l'Education mi-février, qui n'a pas précisé depuis quand, rapporte Sophie Vénétitay.
 

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