Covid-19 : le gouvernement envisage de conditionner le pass sanitaire à une 3e dose de vaccin

Covid-19 : le gouvernement envisage de conditionner le pass sanitaire à une 3e dose de vaccin
Alors que l'épidémie "recommence à gagner du terrain", le gouvernement n'exclut pas de conditionner le pass sanitaire à un 3e dose de vaccin.
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publié le mardi 19 octobre 2021 à 17h00

Alors que l'épidémie "recommence à gagner du terrain", le gouvernement n'exclut pas de conditionner le pass sanitaire à un deuxième rappel vaccinal. 

Les personnes les plus fragiles ou âgées, les soignants, peuvent se faire injecter une troisième dose de vaccin anti-Covid. Mais une majorité n'a pas encore bénéficié de ce rappel.

"Aux alentours de six mois après la deuxième dose, 6 millions de personnes sont éligibles. Sur ces 6 millions, seules 2 millions de personnes ont eu recours au rappel*. C'est beaucoup mais c'est trop peu", a estimé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, mardi 19 octobre sur RTL




"Je lance un appel au rappel. Il faut faire le rappel pour gagner un haut niveau de protection", a-t-il donc déclaré. "On a vu l'épidémie régresser beaucoup cet été. On constate depuis une semaine que l'épidémie recommence à gagner du terrain. C'est très léger mais il faut être vigilant", avertit le ministre. 

"Rien n'est exclu" 

Le gouvernement pourrait-il aller plus loin, en conditionnant l'obtention du pass sanitaire à cette 3e dose de vaccin ? "Rien n'est exclu", c'est "une possibilité", admet Gabriel Attal, même si aucune décision "n'a été prise en ce sens aujourd'hui". La veille, le Premier ministre Jean Castex a reconnu avoir demandé son avis à la Haute autorité de santé (HAS). "Les conditions pour bénéficier du pass sont fixées par la HAS. À la HAS de nous dire si nous devons ou non étendre l'éligibilité du pass à la troisième dose. L'avis est sollicité", a-t-il déclaré à la presse, en marge de sa rencontre avec le pape à Rome. "La question de suspendre le pass vaccinal à une troisième dose va être soumise à l'arbitrage du président de la République et du Premier ministre. Puis, si c'est validé, il faudra un avis de la HAS et du Conseil scientifique", précise Matignon à BFMTV

22 millions de personnes au moins 

La Haute autorité pourrait bientôt recommander une 3e dose de vaccin pour tout le monde. Comme d'autres pays, la France a lancé depuis plusieurs semaines une campagne de rappel, face à la perte d'efficacité des vaccins injectés en début d'année. Même s'ils protègent toujours bien contre les formes graves de la maladie, ils évitent de moins en moins les contaminations. C'est probablement une conséquence de l'émergence du variant Delta, bien plus contagieux que ses prédécesseurs.

La campagne de rappel concerne les plus de 65 ans et les personnes à risque** - comme les obèses et les diabétiques, à condition d'avoir été vaccinés voici plus de six mois -, cela représente 18 millions de Français. S'y ajoutent les quatre millions de soignants, personnel des transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social, ainsi que l'entourage des personnes immunodéprimées (malades en chimiothérapie par exemple). 

"Probablement nécessaire au cours des prochains mois" 

Depuis début octobre, l'Autorité européenne du médicament (EMA), autorise la généralisation d'un rappel à tous les adultes, laissant aux autorités de chaque pays le choix précis des personnes concernées. Cette dose de rappel doit pour l'heure forcément venir d'un vaccin Pfizer/BioNTech, basé sur la technologie de l'ARN messager. L'EMA évalue encore s'il faut y ajouter l'autre vaccin de la même catégorie, celui de Moderna. 

La HAS a déjà ouvert la voie à une généralisation du rappel à tous les adultes, même si elle juge la mesure encore prématurée. Bien que les circonstances ne "justifient pas à ce stade de recommander l'administration d'une dose supplémentaire en population générale, (...) la HAS souligne toutefois que l'administration d'une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent" (avis du 6 octobre). 

L'intérêt d'une 3e dose ne convainc pas tous les scientifiques 

Pourtant, la nécessité d'une dose de rappel fait encore l'objet de nombreux débats dans le monde scientifique, car son intérêt reste à évaluer précisément pour l'ensemble de la population. Certains chercheurs estiment qu'il est plus urgent de distribuer des doses dans les pays, souvent pauvres, où la vaccination est peu avancée, plutôt que les réserver pour des campagnes massives de rappels là où la population est déjà largement vaccinée. 

La HAS, elle, s'appuie principalement sur une étude menée en Israël, pays où la vaccination a commencé très tôt. Elle témoigne d'une nette réduction des risques de forme grave chez les personnes ayant reçu une 2e dose de rappel. Cette étude ne concerne toutefois que les plus de 60 ans et ne permet donc pas de défendre le bien-fondé d'une dose de rappel chez les plus jeunes. 


RAPPEL. Voici la liste des personnes concernées à ce jour par la 3e dose de vaccin : 
• les résidents des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Éhpad) et des unités de soins de longue durée (USLD) ;
• les personnes de 65 ans et plus vivant à domicile (avec une priorité pour les personnes de plus de 80 ans) ;
• les personnes à très haut risque de forme grave ;
• les personnes présentant des comorbidités qui augmentent le risque de formes graves de Covid-19 ;
• les personnes sévèrement immunodéprimées (qui ont déjà reçu trois doses et en recevront une quatrième indique la HAS) ;
• les personnes ayant reçu le vaccin Janssen. Une dose de rappel avec un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna) est recommandée à partir de 4 semaines après la 1re injection; 
• les professionnels de santé, l'ensemble des salariés du secteur de la santé et du secteur médico-social, les aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables, les professionnels du transport sanitaire et les pompiers, quel que soit leur âge ;
• les proches (de plus de 18 ans) de personnes immunodéprimées.


* Six millions de personnes étaient éligibles à la 3e dose à partir du 30 août : les plus de 80 ans et les plus à risque de développer une forme grave. 

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