Covid-19 : la vaccination obligatoire des soignants entre en vigueur

Covid-19 : la vaccination obligatoire des soignants entre en vigueur
(Photo d'illustration)

publié le mercredi 15 septembre 2021 à 06h00

À compter de mercredi 15 septembre, les salariés des hôpitaux et des Ehpad, ainsi que les pompiers, ambulanciers et aides à domicile, pourront être suspendus, sans rémunération, s'ils n'ont pas reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19.

Annoncée le 12 juillet par Emmanuel Macron, l'obligation vaccinale contre le Covid-19 pour le personnel soignant entre en vigueur à partir de mercredi 15 septembre en France. Hôpitaux, maisons de retraite, soignants libéraux, aides à domicile, pompiers, ambulanciers.. 2,7 millions de professionnels de santé sont concernés. Ils doivent justifier d'au moins une dose de vaccin, sans quoi ils pourront être suspendus.




Combien de professionnels manqueront à l'appel ? Mardi, plusieurs centaines de personnes, "des milliers" selon la CGT-Santé, ont manifesté contre l'obligation vaccinale. Les non vaccinés sont néanmoins largement minoritaires : ils représentaient la semaine dernière moins de 12% des soignants dans les hôpitaux et les Ehpad, selon Santé publique France. Et les directeurs d'établissements et les autorités sanitaires tablent sur une proportion beaucoup plus faible.

Les Hôpitaux de Paris (AP-HP) font ainsi état d'"au moins 83%" de personnels vaccinés au 8 septembre, un chiffre "très sous-estimé" selon l'institution. "Que la population française soit rassurée ! Les pompiers continueront à faire leur travail sans problème, puisque ce mercredi, plus de 90 % d'entre eux auront reçu au moins une dose. Il n'y aura pas de trous dans la raquette", précise de son côté au Parisien Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d'incendie et de secours (CNSIS). 

Du côté des ambulanciers, la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS) recensait fin août 87% de salariés vaccinés ou en passe de l'être. A contrario, "13% de la profession ne serait pas vaccinée et ne souhaiterait pas l'être", s'inquiète son président Thierry Schifano,qui dit avoir "tiré le signal d'alarme" auprès du ministère de la Santé.

"Il n'est pas le seul : le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a mis en garde contre une possible "catastrophe sanitaire". Son syndicat appelle d'ailleurs à manifester mardi contre l'obligation vaccinale et les sanctions qui s'appliqueront dès le lendemain. FO-Santé a pour sa part réclamé au gouvernement "un délai supplémentaire" afin de désamorcer "des situations ingérables" dans certains hôpitaux, où "des fermetures de services et de lits sont envisagées" en raison du nombre insuffisant d'agents vaccinés. Même le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a demandé jeudi d'"éviter au maximum que des gens soient sanctionnés", estimant que "l'apaisement ne ferait pas de mal".

"Nous ne reculerons pas"

L'exécutif campe sur sa position. "Nous ne reculerons pas", a prévenu le Premier ministre, Jean Castex, fin août. Et gare à ceux qui voudraient contourner la loi. "Le refus de se vacciner ne donnera lieu à aucun arrêt maladie", a averti le ministre de la Santé, Olivier Véran, promettant "des contrôles systématiques" pour "toute prescription jugée suspecte".

L'administration est au diapason : "Nous ne tremblerons pas s'il y a des suspensions à prononcer", affirme la directrice de l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France, Amélie Verdier, car "c'est notre crédibilité d'ensemble qui est engagée". "On espère que ceux qui hésitent encore seront convaincus par la fermeté affichée", ajoute-t-elle, même si l'ARS assure ses arrières et "repère les établissements où il pourrait y avoir des difficultés pour pouvoir les aider", en mobilisant si besoin des "renforts".

Malgré ces précautions, l'esclandre est inévitable. "Certains vont instrumentaliser des cas particuliers pour essayer de faire croire qu'il y a des bataillons entiers de soignants réfractaires", prédit le président de la FHF, Frédéric Valletoux.

Tablant sur "quelques centaines" de suspensions dans les hôpitaux publics, il soutient la ligne intransigeante des pouvoirs publics, convaincu qu'"il n'y a de réponse que la fermeté". "On ne peut pas dire tout l'été aux personnels qu'ils risquent d'être suspendus et ne pas le faire", explique Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, fédération des Ehpad privés.

 

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