Covid-19 : "La troisième vague est loin d'être terminée", prévient Jean Castex

Covid-19 : "La troisième vague est loin d'être terminée", prévient Jean Castex
Jean Castex à Caen, le 16 avril 2021.

publié le vendredi 16 avril 2021 à 15h49

Le Premier ministre visitait un service de réanimation, où les soignants lui ont fait part de leur épuisement.

"La troisième vague est loin d'être terminée", a mis en garde le Premier ministre Jean Castex, vendredi 16 avril, malgré quelques signes encourageants sur le front épidémique. Il y a toujours un "décalage" entre l'évolution du nombre des contaminations et celle de la "situation hospitalière", a rappelé Jean Castex.

Le Premier ministre visitait le service réanimation du CHU de Caen où le personnel lui a fait part de sa "fatigue". "Nous nous épuisons. Nous avons quelques collègues qui sont en arrêt pour burn out (...) On a l'impression de ne pas être en sécurité", a expliqué Déborah Clergeau, infirmière en réanimation, au Premier ministre qui visitait le service.

Avec sa collègue Charlotte Deux, elle a affirmé que des demandes d'heures supplémentaires étaient refusées par la direction. "Les demandes de renforts ne sont parfois pas acceptées. Je travaille à mi-temps. Je propose de revenir plus. On me dit 'c'est non'. On n'accepte pas l'augmentation du temps de travail", a expliqué Charlotte Deux, depuis 12 ans dans le service. "Ce qui semble bloquer, c'est de payer ces renforts en heures supplémentaires", a-t-elle ajouté.


Jean Castex a assuré que cela ne pouvait être une question de moyens financiers. "Si votre direction me disait 'je n'ai pas d'argent pour payer', je lui débloquerai immédiatement", a-t-il assuré. "On attend encore le plateau (que la 3e vague n'a pas encore atteint, NDLR). C'est peut-être là qu'on vous basculera à temps plein", a ajouté le Premier ministre.

Le service bénéficie certes du renfort d'étudiants mais "certains n'ont pas fait de réanimation avant de venir. Nous les plus anciens nous avons les patients les plus lourds. C'est épuisant", a ajouté Déborah Clergeau.


Le professeur Damien Du Cheyron qui dirige le service a confirmé devant le Premier ministre que "les équipes s'épuisent". "La difficulté, c'est la durée de cette vague. La 2e ne s'est jamais terminée, la 3e vient", a-t-il précisé.

"Nous avons beaucoup de mal physiquement, psychologiquement, beaucoup. Certains craquent", a ajouté Déborah Clergeau. "SOS, santé en danger", "SOS, nous pansons les patients mais qui pense à nous", pouvait-on lire sur des banderoles de la CGT à l'entrée de l'hôpital. Dans un discours face aux élus locaux et à la presse, Jean Castex a souligné que "le chantier" de l'amélioration de la "rétribution" des soignants "se poursuit". "On a engagé la bagatelle de sept milliards rien que pour cela", a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir s'il était toujours prévu de supprimer 200 lits dans le nouveau CHU de Caen qui doit être mis en service en 2026, Jean Castex a répondu que 140 personnes supplémentaires seraient affectées au nouveau CHU et que l'État augmenterait sa contribution de 50 millions d'euros, la portant à 400 millions.

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