Covid-19 : la situation est "préoccupante" en Île-de-France, s'alarme Martin Hirsch

Covid-19 : la situation est "préoccupante" en Île-de-France, s'alarme Martin Hirsch
Le directeur de l'AP-HP Martin Hirsch, le 30 mars 2020 à Paris.

, publié le vendredi 09 octobre 2020 à 11h34

En Île-de-France, le plan blanc renforcé a été réactivé, l'Agence régionale de Santé craignant une "marée très forte" de malades du Covid-19 dans les hôpitaux.




Alors que les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 se sont une nouvelle fois dégradés en 24 heures, selon les données de Santé publique France, avec plus de 18.000 cas positifs, 77 morts et une une hausse du nombre de malades hospitalisés en réanimation (au-dessus de 1.400), le gouvernement a décidé jeudi 8 octobre de placer Lille, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne en zone d'alerte maximale. 

En Île-de-France, dont une partie a déjà été placée en zone d'alerte maximale en début de semaine, le plan blanc renforcé a été réactivé, l'Agence régionale de Santé craignant une "marée très forte" de malades du Covid-19 dans les hôpitaux. "Ce n'est pas le tsunami qu'on a eu en mars-avril, mais c'est vrai que c'est une marée montante dont on ne voit pas le point d'équilibre", a témoigné vendredi matin sur RTL Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (Paris). "Ca fait quelques semaines qu'on tire la sonnette d'alarme", a-t-elle assuré, se disant "inquiète pour l'équilibre du système en Île-de-France".

"On se met dans une situation où l'on risque d'avoir à choisir entre certaines pathologies ou certains patients", a de on côté alerté Martin Hirsch sur Europe 1.

"Le déclenchement du plan blanc, c'est la conséquence d'une situation qui évolue relativement rapidement, qui est préoccupante, qui est extrêmement compliquée pour les équipes", a expliqué le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch. "Et c'est le fait que nous prévoyons dans les jours qui viennent que le nombre de patients à prendre en charge, aussi bien en réanimation que dans les unités d'hospitalisation, va être de plus en plus élevé", a-t-il ajouté. 

"N'attendez pas forcément qu'on vous y oblige, pour vous discipliner"

Le "plan blanc renforcé", activé permet aux établissements de santé de déprogrammer des activités pour se concentrer sur les patients atteints de Covid-19. Evoquant des "situations très difficiles", qui mettent "tout le monde sous tension", M. Hirsch a par ailleurs invité les patients à ne pas se décommander eux-mêmes, alors que certains pensent ainsi rendre service, rappelant que les déprogrammations se font sur des critères médicaux. Pour un patient, "le moment où il est déprogrammé, c'est le moment où l'hôpital l'appelle", a-t-il insisté.

Il a également mis en avant la nécessité de respecter les consignes sanitaires, soulignant que "si les tendances ne bougent pas, là il n'y aura pas d'autres moyens que d'avoir effectivement des mesures extrêmement restrictives". "On a vécu une période de confinement, on voudrait réussir à maîtriser la circulation du virus (...) sans repasser par une période de confinement total", a-t-il ajouté. Cela explique les mesures prises ville par ville lorsque les indicateurs se dégradent et parallèlement de marteler le message que "ce n'est plus le moment" dans la sphère privée de se retrouver "assez nombreux" à "partager des moments sans masque". "N'attendez pas forcément qu'on vous y oblige, pour vous discipliner, pour restreindre les contacts sociaux", a-t-il insisté.
 

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