Covid-19 : la santé mentale des Français n'a pas été épargnée par l'année 2020

Covid-19 : la santé mentale des Français n'a pas été épargnée par l'année 2020©Lionel BONAVENTURE / AFP

, publié le samedi 12 décembre 2020 à 16h10

La crise sanitaire a des conséquences sur la santé mentale des Français : plusieurs études rapportent une hausse de 30% des risques de nouveaux cas de dépression et de 20% de nouveaux cas de troubles d'anxiété.

L'année 2020 se termine dans un peu plus de 15 jours et, pour beaucoup de Français, elle a été particulièrement difficile. En cause, évidemment : l'épidémie de Covid-19.

Les confinements, couvre-feux, distanciation sociale et autres mesures de restriction, ainsi que l'inquiétude pour sa santé et celle de ses proches et le télétravail, ont totalement chamboulé le quotidien.


"Les conséquences psychiatriques de la Covid sont là (...) et elles s'inscrivent dans le temps long", a noté Marion Leboyer, professeur à l'université Paris Est-Créteil, lors d'une conférence de presse en ligne début décembre, évoquant une hausse de 30% des risques de nouveaux cas de dépression et de 20% de nouveaux cas de troubles d'anxiété, selon plusieurs études.

"Nous voyons l'émergence de symptômes: fatigue, sidération psychique, de la peur, de l'anxiété, des angoisses, de l'insomnie, de la colère aussi", a décrit quant à lui Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, soulignant que "tout le monde peut basculer" et pas seulement les personnes déjà fragiles avant la pandémie. En pharmacie, selon Europe 1, ont été vendu "un million de boites d'anxiolytiques et un demi-million de boites de somnifères de plus qu'attendu" entre mars et septembre.

Vers une augmentation "préoccupante" du nombre de suicides en 2021 et 2022 ?

Pour Michel Debout, sociologue et membre de l'Observatoire du suicide, toujours auprès d'Europe 1, "il y a des groupes dans la population, comme les jeunes, les chômeurs, les petites entreprises, les artisans, les commerçants ou encore le monde de la culture, qui ont le sentiment d'être laissés pour compte, d'être abandonnés." Puis d'ajouter : "Évidemment, cela provoque des sentiments négatifs, dépressifs. Et chaque fois que les pensées suicidaires augmentent, les passages à l'acte augmentent."

Michel Debout ne cache pas son inquiétude pour les années à venir : "Toutes les crises, et ça a été prouvé dès la grande crise de 1929, ont montré que les suicides augmentaient dans les deux années qui la suivaient. C'est bien ce que je crains : si rien n'est fait, on connaîtra une augmentation préoccupante du nombre de tentatives de suicide et du nombre de suicides en 2021 et même jusqu'en 2022."

Début décembre, les psychiatres Rachel Bocher, Serge Hefez, Marion Leboyer et Marie-Rose Moro, et la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury ont appelé, dans un communiqué, le gouvernement à "passer à l'action" de façon urgente pour que tous les Français qui le nécessitent puissent accéder à des soins psychiatriques. "La troisième vague psychiatrique est là", ont-ils alerté.

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